L'étude santé du jour : un Français sur dix serait hypocondriaque

L'étude santé du jour : un Français sur dix serait hypocondriaque

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ANXIETE - Une étude rendue publique dimanche révèle l'inquiétude des Français vis-à-vis de leur santé. Une angoisse parfois excessive, près de 13 % d'entre eux ayant peur d'être malade alors qu'ils n'ont aucun symptôme.

La France a peur. Non, il ne s'agit pas d'un nouveau fait divers sordide à la une des médias, mais les résultats d'une étude Ifop/Capital Image rendue publique dimanche. Selon le sondage, près d'un Français sur dix a des tendances hypocondriaques. "13 % des Français ont peur d'être atteints d'une maladie même en l'absence de tout signe ou symptôme", indique le sondage. Dans la même idée, 32 % des personnes interrogées ont la même angoisse persistante lorsque certains signes ou symptômes les inquiètent. En clair, certains sont dans une attitude préventive, tandis que d'autres sont anxieux, voire hypocondriaques, c'est-à-dire qu'ils développent une forme extrême d'anxiété exacerbée centrée sur la santé et la maladie.

Ces 13 %, préoccupés de façon démesurée par leur santé en l'absence de tout symptôme, déclarent avoir peur d'être atteints d'une maladie en entendant parler de cette maladie dans les médias (pour 48 % d'entre eux) en lisant quelque chose à son propos sur un site internet d'informations (43 %) ou en entendant parler de cette maladie par un proche (41 %). Michèle Declerck, psychologue, temporise néanmoins l'impact des médias en précisant qu'ils ne sont pas "le facteur déclencheur, mais plutôt l’accélérateur de leur anxiété".

La cybercondrie, nouveau mal du 21e siècle ?

Le sondage révèle aussi l'attitude des Français face à leur santé, qui peut parfois leur être nuisible : 74 % d'entre eux font des recherches sur les sites d'information en ligne, 58 % sur les blogs et forums et 47 % consultent livres, revues et médias. Or, selon une autre étude américaine, rendue publique en octobre dernier, chercher des réponses médicales sur Internet n'est pas une bonne idée. "La cybercondrie [l'hypocondrie se manifestant par le biais du Web, ndlr] peut être plus nuisible que sa version traditionnelle, l'hypercondrie, à cause de la surabondance d'informations erronées ou imprécises accessibles en quelques clics", expliquait alors l'auteur de l'étude, le docteur Thomas Fergus, de l'université de Baylor à Waco au Texas. Ce qui conduit 4 personnes sur 10 à ne pas se rendre chez son généraliste, selon le chercheur.

En somme, Internet agit comme un "pharmakon", c'est-à-dire qu'il est à la fois le remède et le poison. Le docteur Jean-Pierre Olié, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine Paris-Descartes, le confirme : "il y a deux hypothèses extrêmes avec Internet, soit les malades, à l’aide du Web, améliorent leurs connaissances, leur niveau d’information sur la maladie et de compréhension des thérapeutiques, soit à l'inverse, les personnes qui sont envahies par une pathologie hypocondriaque préexistante vont alimenter leur pathologie", écrit-il dans le communiqué rendu publique dimanche.

Hypercondrie et cybercondrie, les deux nouveaux maux du 21e siècle ? La première pathologie ne date toutefois pas d'hier. Elle devrait même profiter à un grand hypocondriaque connu et apprécié des Français, Dany Boon, qui sort un film sur la question. A défaut d'être un grand chef-d’œuvre du 7e art, Supercondriaque, c'est son nom, pourrait donc bien faire un carton au box-office.

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