L’étude santé du jour : un test sanguin pour prévenir le suicide ?

L’étude santé du jour : un test sanguin pour prévenir le suicide ?

SANTÉ - Selon une étude américaine, certaines personnes seraient pré-disposées au suicide. À l'origine de ce constat, un gène dont la mutation modifie le comportement du cerveau face aux facteurs de stress.

"Nous pensons que nous pourrons contrôler le sang pour identifier les personnes à risque de suicide." C’est en ces termes que le Dr Zachary Kaminsky, de l ’Université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland, Etats-Unis) décrit sa dernière découverte : un gène sous-exprimé serait présent dans le sang des personnes qui ont des pensées suicidaires.

Une mutation génétique en cause

L’étude publiée dans l American Journal of Psychiatry révèle la piste d’un test sanguin qui pourrait ainsi être utilisé pour détecter les personnes à risque. "Le suicide est un problème de santé publique majeur et évitable, mais nos efforts pour le prévenir ont toujours été contrecarrés par l’impossibilité de prédire qui risque de mettre fin à ses jours", analyse le Dr Kaminsky.

Selon les chercheurs, les personnes atteintes de certaines mutations du gène baptisé SKA2 seraient plus susceptibles de mettre fin à leur vie que les autres. Ils auraient, en outre, des niveaux moindres de ce gène dans le sang. Le gène SKA2 se trouve dans le cortex préfontal du cerveau, la zone en charge des pensées négatives et du contrôle les comportements impulsifs. Le cerveau réagit donc de manière plus extrême aux facteurs de stress.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont examiné des échantillons de 150 cerveaux dont certains provenaient de personnes mentalement saines et d'autres qui souffraient de maladies mentales dont plusieurs avaient mis fin à leurs jours.

Jusqu'à 96% de fiabilité

"Avec un test comme le nôtre, nous pourrions être en mesure d'endiguer le taux de suicide en identifiant les personnes susceptibles de mettre fin à leurs jours et en intervenant suffisamment tôt pour éviter une catastrophe", confie le professeur à l'American Journal of Psychiatry. Son équipe a donc réalisé des tests sur des personnes saines et malades.

La précision de la méthode atteint les 80 % et plafonne à 96 % chez les patients les plus jeunes. Les scientifiques ont ensuite testé des échantillons de sang de plus de 325 participants à leur étude pour voir s'il était possible de repérer ceux présentant le risque le plus élevé de suicide en utilisant le même biomarqueur. Ils ont pu déterminer avec une exactitude de 80 à 90 % si une personne avait eu des pensées suicidaires ou avait tenté de se suicider en examinant ce simple gène SKA2 tout en prenant en compte l'âge, le sexe et les niveaux de stress et d'anxiété.

D’autres études, sur des populations plus larges, seront nécessaires à l’avenir. Mais les chercheurs ont déjà espoir que ce test devienne d’ici 5 à 10 ans, un outil dans la prévention du suicide. Il permettrait ainsi d’adapter les thérapies. Le Dr Kaminsky estime même qu’il pourrait servir à identifier les personnes vulnérables parmi les candidats au service militaire américain.

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