L'étude santé du jour : une prothèse pleine de promesses pour soigner les troubles de l'équilibre

Santé

NEUROLOGIE - Des chercheurs des Hôpitaux universitaires de Genève ont mis au point une neuro-prothèse permettant de rendre l’équilibre aux personnes chez qui cette fonction est défaillante. A terme, elle est destinée à pallier les effets d'un trouble de l'oreille interne appelé "déficit vestibulaire", encore méconnu du corps médical.

Les origines des troubles de l'équilibre sont multiples, mais la plupart sont causés par un dysfonctionnement de l'oreille interne. Des chercheurs des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont mis au point un implant fonctionnant sur le même principe que ceux utilisés pour traiter la surdité profonde destiné aux personnes chez qui cette fonction est défaillante. Une avancée présentée comme une première mondiale dans une étude publiée dans la revue en ligne Frontiers in Neurology .

Cet implant a pour but de lutter contre le "déficit vestibulaire", qui peut toucher une oreille ou les deux. "En cas d’atteinte bilatérale, les conséquences se révèlent souvent désastreuses : la personne marche comme si elle était ivre, elle titube et sa vision est floue. Incapable de fixer un point lorsqu’elle bouge, elle n’arrive plus à reconnaître les gens qu’elle croise. Cette sensation de déséquilibre perpétuel peut générer un isolement social, la personne n’osant plus sortir de chez elle de peur de tomber ou de se perdre", expliquent les auteurs de l'étude.

Des capacités retrouvées mais des risques avérés

Il n'existe encore aucun traitement pour y faire face. Mais les chercheurs ont accompli un pas important avec cet implant doté d'un capteur de mouvements, qui se fixe sur le crâne , et d'électrodes logées sur le nerf vestibulaire pour le stimuler et qu'il transmette les informations correcte au cerveau.

Le dispositif est pour l'heure à l'état de prototype, mais les premiers résultats de tests menés sur onze patients se sont avérés très concluants. Ceux-ci ont toutes leurs capacités mais ces expériences n’ont pu être effectuées qu’en laboratoire pour des raisons de sécurité. La prochaine étape de l'étude consistera donc à tester l’efficacité de l'implant à l’extérieur.

Par ailleurs, d'autres recherches doivent être menées pour améliorer cette prothèse car elle n'est pour l'instant destinée qu'aux personnes souffrant de surdité en plus de leur déficit vestibulaire. "L’opération consistant à implanter des électrodes près de la cochlée (un organe situé dans l'oreille interne) est en effet extrêmement délicate et entraîne un risque de déficit auditif important", expliquent les chercheurs. D'autres tests à plus large échelle sont attendus fin 2014.

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