Leucémie : un traitement révèle une nouvelle piste prometteuse

Leucémie : un traitement révèle une nouvelle piste prometteuse

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MEDECINE - Des chercheurs viennent de découvrir en détail le mode d'action d'un traitement destiné à détruire les cellules souches leucémiques. Ce dernier agit en les faisant vieillir, un phénomène qui pourrait être activé dans d’autres types de cancers.

Après des années de recherches, le mystère est enfin levé. Des chercheurs de l'Inserm viennent de découvrir le secret d'un traitement contre une leucémie. Plus précisément, l'équipe scientifique parisienne s'est penchée sur le processus de guérison des patients atteints d'une forme rare de leucémie : la leucémie aiguë promyélocytaire. Il n’existe pas un, mais plusieurs types de leucémies, une maladie caractérisée par un surnombre de globules blancs anormaux.

Dans le cas de la leucémie aiguë promyélocytaire, une protéine du nom de PML/RARA est à l’origine de la prolifération des cellules cancéreuses. Un traitement ciblé existe pour les patients touchés par cette maladie. Il ne s'agit pas de chimiothérapie, mais d'associer une hormone, l’acide rétinoïque, et un toxique, l’arsenic. Cette combinaison entraîne dans une grande majorité la guérison définitive des patients. Mais les chercheurs ne connaissaient pas précisément son action sur les cellules cancéreuses.

Une nouvelle protéine entre en jeu

"Le principal intérêt de cette pathologie c'est qu'elle est simple dans sa génétique. Les deux composés sont connus depuis de nombreuses années pour induire la dégradation de la protéine PML/RARA et donc éliminer les cellules-souches leucémiques. C'est un des rares miracles de la cancérologie moderne qui permet de guérir quasiment tous les patients, mais son mécanisme d'action nous échappait", explique à metronews, Hugues de Thé, chercheur à l'Inserm.

Cette nouvelle recherche apporte les éléments nécessaires pour comprendre la guérison. Les chercheurs ont ainsi découvert que, une fois dans l’organisme, le traitement active une autre protéine du nom de p53. Cette protéine déclenche à son tour le vieillissement prématuré des cellules leucémiques, un processus appelé "mécanisme de la sénescence". En clair, le traitement permet d’atteindre le stade ultime de vieillissement des cellules, afin de les rendre incapables de se multiplier.

"Un nouvel axe de recherche à exploiter"

"Ce phénomène permet l’élimination des cellules malades et conduit à la guérison totale du patient. Nous avons découvert une chaîne de cause à effet : la leucémie, le traitement, la protéine anormale qui disparaît, la protéine P53 se réactive et entraîne la sénescence", ajoute Hugues de Thé. Pour les chercheurs, cette meilleure compréhension du mécanisme de la guérison de la leucémie aiguë promyélocytaire peut, à terme, ouvrir des perspectives dans d’autres types de cancers.

"On ne peut pas encore extrapoler vers d'autres maladies, mais cela créer un nouvel axe de recherche à exploiter. Il faut continuer les études pour savoir si le mécanisme de la sénescence peut avoir un effet anticancéreux", conclut le chercheur. Si ces recherches sont prometteuses, les patients atteints d'un cancer pourraient ainsi éviter la chimiothérapie et les effets secondaires lourds qui lui sont associés, comme les chutes de cheveux, les nausées et la fatigue.

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