Levothyrox : 500.000 Français ont abandonné la nouvelle formule, selon Buzyn

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SANTÉ – Alors que l’association Vivre sans thyroïde a estimé jeudi à près d’un million le nombre de patients français ayant abandonné le Levothyrox, le ministère de la Santé indique ce vendredi qu’ils seraient moitié moins.

La bataille de chiffres autour du nombre de patients ayant abandonné la nouvelle formule du Levothyrox se poursuit. Selon le ministère de la Santé, un demi-million de patients en France ont cessé de prendre du Levothyrox, dont la nouvelle formule a déclenché l'an dernier une vague d'effets secondaires. "L'ANSM [Agence du médicament] et la DGS [Direction générale de la Santé] estiment après analyse des bases de données de l'Assurance maladie qu'environ 500.000 patients se sont tournés vers des alternatives à la nouvelle formule du Levothyrox", affirme ce vendredi le ministère de la Santé.


Alors que la ministre Agnès Buzyn dit ne pas comprendre "cette bataille des chiffres", cette estimation permet de trancher entre l'association de malades Vivre sans thyroïde, qui situait le chiffre à près d'un million, et le fabricant Merck qui en voyait beaucoup moins, sans dire combien exactement. Quelque trois millions de personnes en France sont traitées pour hypothyroïdie.

Merck évoque une baisse entre 10% et 12% du nombre de boîtes vendues

La différence de chiffres provient d'interprétations divergentes d'une même base statistique, publiée début février par l'Assurance maladie, sur les volumes de tous les médicaments remboursés. Vivre sans thyroïde était parvenu jeudi à ce chiffre de près d'un million de patients en estimant que le Levothyrox avait perdu 31% du marché au quatrième trimestre 2017. Merck répliquait que son estimation était "une baisse comprise entre 10% et 12% tant pour le nombre de boîtes vendues [d'après les données de l'Assurance maladie] que pour la part de marché des patients sous Levothyrox".


La nouvelle formule du Levothyrox, lancée il y a environ un an, avait été réclamée par l'ANSM au laboratoire allemand Merck en 2012 afin, selon elle, de rendre le produit plus stable dans le temps. Le changement ne porte pas sur le principe actif mais sur d'autres substances, les excipients. Sauf que certains patients se sont rapidement plaints d'effets secondaires.


Face à leur colère, les autorités de santé ont tâché de mettre à disposition d'autres traitements, alors que le Levothyrox était en situation de quasi-monopole. Un juge d'instruction a été désigné lundi à Marseille pour enquêter sur des faits de tromperie aggravée, blessure involontaire et mise en danger d'autrui.

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