Levothyrox : une "crise médiatique" et non "sanitaire", juge la mission parlementaire

Levothyrox : une "crise médiatique" et non "sanitaire", juge la mission parlementaire

Santé
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SANTE - Pour le député Jean-Pierre Door, qui a présenté mardi les conclusions d'une mission parlementaire sur ce médicament pour la thyroïde à l'origine d'une polémique, "c'est surtout l'information qui a péché". Car, au regard de leurs informations, la nouvelle formule est réellement plus performante que l'ancienne -qui sera pourtant remise sur le marché-.

"Il ne s'agit pas d'une crise sanitaire mais d'une crise médiatique". C'est ainsi que Jean-Pierre Door a qualifié ce mardi l'affaire du Levothyrox, qui a defrayé la chronique ces dernières semaines en raison de la nouvelle formule de ce médicament pour la thyroïde. Un médicament qui a fait l'objet d'une mission parlementaire "flash", présidée par ce député LR du Loiret.


Selon les membres de cette mission, qui a notamment permis l'audition d'experts, d'associations de patients, du laboratoire allemand Merck allemand et de l'Agence du médicament ANSM, cette crise résulte en partie du fait que les signaux d'alerte, en particulier ceux dits "faibles", n'ont pas été bien pris en compte, car les effets indésirables rapportés étaient ceux habituellement associés à ce type de pathologie. "Les médias se sont emparés de l'affaire après une recrudescence de signalements sur les réseaux sociaux et sur les forums en ligne ; c'est à ce moment-là seulement que les autorités sanitaires ont commencé à prendre au sérieux les signalements".  L'ANSM a recensé, entre mars et septembre, 14.633 signalements, dont 5.062 cas considérés comme graves par les personnes concernées. Les associations ont même fait part de décès, sans lien prouvé avec le traitement suivi.

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L'ancienne formule du médicament Levothyrox de retour en pharmacie

Bientôt une notice spécifique dans les boîtes ?

Pour éviter que cela se reproduise à l'avenir, la mission appelle à "rénover" le dispositif d'information, afin de pouvoir s'adresser directement aux patients concernés par des changements touchant leur traitement, a-t-il expliqué. Le législateur devrait étudier le moyen de permettre aux agences médicales d'envoyer une information ciblée à des patients identifiés, avec l'aide de l'Assurance maladie, comme cela été fait pour la crise sanitaire du Mediator. Ce que l'Agence du médicament soulignait n'avoir pas pu faire pour le nouveau Levothyrox. Et les 400.000 courriers qu'elle a adressés aux professionnels de santé sur le changement de formule, "présenté comme anodin", n'ont guère attiré leur attention au milieu de la masse des courriers reçus.


Autre piste, également avancée par les associations de patients : insérer une notice spécifique dans la boîte pour sensibiliser les malades et suggérer que certains pourraient devoir adapter la dose, comme cela été fait en Belgique en 2007 lors d'une modification d'un médicament à base de lévothyroxine, comme le Lévothyrox.  


L'explosion des ventes de Levothyrox - passées de 5 millions de boîtes à 30 millions entre 1990 et 2016, conduit à s'interroger sur la pertinence de certaines prescriptions, ajoute la mission. Elle évoque ainsi des opérations (pour des goitres) et des traitements (chez des plus de 60 ans sans symptômes) évitables. En raison du tour judiciaire de cette crise - des plaintes ont été déposées au civil et au pénal - une commission d'enquête parlementaire, réclamée par certains, n'est pas possible, a expliqué Jean-Pierre.Door.

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