Levothyrox : une quarantaine de patients qui réclamaient l'ancienne formule déboutés

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JUSTICE - C’est un sérieux revers pour la quarantaine de patients qui réclamaient au laboratoire Merck la livraison de l’ancienne formule du Levothyrox. Le juge des référés du tribunal de Saint-Gaudens a rejeté ce mardi 26 décembre leur requête, tout comme leur demande d’indemnisation pour "préjudice d'angoisse".

Le 14 novembre dernier, à l’annonce de la condamnation du laboratoire Merck par le tribunal de Toulouse, de nombreux patients traités par le médicament Levothyrox pensaient avoir gagné la bataille. Le laboratoire se voyait condamné à fournir "par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai", l'ancienne formule de ce médicament, aujourd'hui dénommé Euthyrox, à 25 patients de la Haute-Garonne. Le juge des référés avait même assorti la condamnation d'une astreinte de 10.000 euros par jour et par infraction constatée. Une victoire incontestée pour tous ceux qui dénoncaient (et dénoncent encore aujourd'hui) les effets indésirables du produit. Mais ce 26 décembre, le tribunal de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) a rendu un tout autre verdict dans une affaire pourtant similaire. 

Le juge des référés a débouté la quarantaine de patients qui souhaitaient, eux aussi, que le laboratoire Merck leur livre l'ancienne formule et réclamaient des indemnisations pour "préjudice d'angoisse". L'avocat des plaignants a indiqué que le juge avait basé sa décision sur plusieurs arguments : l'"absence de certificats médicaux" notifiant les effets néfastes du médicament, l'"existence de substituts", le fait que "seulement 0,6% soit 15.600 des 2,6 millions personnes traitées par Lévothyrox (étaient) concernées par ce problème" et enfin, la "mise sur le marché par le laboratoire de 218.080 boîtes" d'Euthyrox. Ce jugement "reprend les arguments de Merck sans tenir compte des nôtres", a déploré Me Jacques Lévy à nos confrères de l'AFP.


Selon l'avocat, les absences de certificats médicaux s'expliquent par "le refus des médecins d'en faire sur le conseil du Conseil du l'ordre" et, il l'assure, les chiffres avancées par le laboratoire sont loin de refléter la réalité. "La plupart des patients n'a pas fait de déclaration", souligne-t-il. Et d'ajouter : les 218.080 boîtes, une fois réparties sur le territoire français, représentent "1,5 boîte par pharmacie".


Sans surprise, Thierry Hulot, le patron des activités de Merck en France, s'est lui réjoui d'une décision "logique" : le tribunal "a reconnu que, dans ce dossier, il n'y avait ni urgence ni préjudice d'angoisse", et que Merck "a largement fait ce qu'il fallait pour accompagner les patients".

De nouvelles audiences et une action collective

Le volet judiciaire n'est cependant pas clos. D'autres audiences sont prévues à Toulouse mais aussi à Paris. Me Lévy prépare également plusieurs assignations à Castres (Tarn) en janvier, puis plus tard à Montauban, Pau, Albi... Enfin, une action collective a été lancée devant le TGI de Lyon, où se trouve le siège de Merck pour la France. Le procès est programmé en octobre 2018.

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