Nouvelles restrictions sanitaires ce week-end : qui sera concerné, qui y échappe ?

Nouvelles restrictions sanitaires ce week-end : qui sera concerné, qui y échappe ?

MESURE - Un renforcement des mesures sanitaires a été décidé "dès ce week-end". Deux régions sont citées, Ile-de-France et Hauts-de-France, ainsi que les départements contigus. Au total, près de 22 millions de Français seraient donc concernés.

L’étau se resserre sur l’Île-de-France. Depuis plusieurs semaines, l’exécutif n’élude plus la perspective d’un durcissement des mesures sanitaires dans la région capitale, confrontée à une accélération de l’épidémie. Les choses devraient se précipiter au cours des prochaines heures. Alors qu'Emmanuel Macron consulte le monde hospitalier - et notamment les soignants en réanimation - depuis mardi soir, Jean Castex doit annoncer, jeudi à 18 heures, de nouvelles restrictions territoriales, après concertation avec les élus locaux concernés, ainsi que les parlementaires. 

Le Premier ministre, qui reconnaissait mardi soir sur BFMTV que "le moment est venu pour envisager des dispositions" pour l'Ile-de-France, où la situation est "préoccupante et critique", se chargera donc d'annoncer ces nouvelles mesures, avec notamment l'hypothèse d'un confinement, le week-end voire sept jours sur sept, dans les territoires concernés. 

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Ile-de-France, Hauts-de-France et départements limitrophes

L’Île-de-France, au cœur de toutes les attentions en raison de la saturation de ses services de réanimation, ne sera pas la seule concernée. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a cité également le cas des Hauts-de-France, ainsi que les départements limitrophes de ces deux régions, mercredi à l'issue du conseil de défense. Si l'on prend l'intégralité des départements limitrophes, voici donc la liste des 21 départements qui pourraient être concernés par ces nouvelles mesures dès ce week-end : 

Ile-de-France (Paris, Seine-Seine-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Yvelines, Essonne, Seine-et-Marne et Val d'Oise), Hauts-de-France (Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne, Oise) et les départements limitrophes : Eure, Seine-Maritime, Eure-et-Loir, Loiret, Aube, Yonne, Ardennes, Marne. 

La région Paca, régulièrement évoquée ces dernières heures, n'a en revanche pas été mentionnée par le secrétaire d'État.

"Il a été décidé ce matin que des mesures supplémentaires seraient prises, en concertation avec les élus locaux, en Ile-de-France, dans les Hauts-de-France, et dans les départements contigus", a indiqué Gabriel Attal. "Le Premier ministre réunira cet après-midi les comités de liaison parlementaires. Demain, à 18 heures, il annoncera les mesures retenues pour ces territoires, pour une application à partir de ce week-end."  Le périmètre concerné représenterait donc potentiellement 21 départements, parmi les plus peuplés de France - et plus de 22 millions d'habitants. 

PACA échappe à des mesures supplémentaires

Plusieurs indicateurs ont été scrutés pour évaluer la progression de l’épidémie, et donc la nécessité ou non de prendre des mesures complémentaires. Île-de-France, Hauts-de-France et Paca se rejoignent notamment sur une occupation préoccupante des lits en réanimation. Depuis le week-end dernier, des transferts de patients sont organisés d’abord par voie aérienne depuis l’Île-de-France, où le taux d’occupation dans ces services a atteint 102,6 % des capacités ce mardi.

Les deux autres régions, moins densément peuplées, sont également confrontées à une saturation. Mais PACA - où le taux d’occupation des lits a grimpé à 111,1% - ne sera pas concerné par des mesures supplentaires à celles déjà mises en place. Le départements des Alpes-Maritimes est concerné par un confinement le week-end depuis trois semaines.  "A ce stade, il n'y a pas de mesures supplémentaires, autres que celles déjà mises en place ces dernières semaines dans certains territoires de la région, et notamment dans les Alpes-Maritimes", a expliqué Gabriel Attal sans préciser si  les couvre-feux le week-end en vigueur dans l'agglomération de Nice seraient prolongés. 

Disparités locales d'incidence

L’autre argument à l’appui d’un durcissement concerne le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas positifs détectés pour 100.000 habitants. Bien au-delà du seuil dit "d’alerte maximale", fixé à 250, le chiffre de 400 a plusieurs fois été mis en avant par Jean Castex pour déclencher la décision de reconfinements locaux. Selon les données de Santé Publique France, ce niveau est dépassé depuis la semaine précédant le 13 mars à l’échelle de l'Île-de-France.

Dans les Hauts-de-France en revanche, le taux d’incidence régional reste plus faible : 367,2.

Durcir "de façon adaptée"

Un point avancé ces dernières semaines par le gouvernement pour expliquer une logique de décisions localisées et le souhait d’éviter un reconfinement général. Ces derniers jours, l’exécutif semble avoir préparé le terrain pour l’Île-de-France. Certes, les Yvelines, les Hauts-de-Seine et, d’une courte marge, Paris restaient selon ces données sous le seuil des 400.

Mais ce mardi, le Premier ministre laissait entrevoir une extension des nouvelles mesures à l’ensemble de la région. "Il faut le faire de façon adaptée parce que la région Île-de-France est très compacte, avec beaucoup de circulation des personnes", a souligné Jean Castex, qui a ajouté : "Nous allons étudier tout cela, mais c'est difficile de la séparer."

Au-delà du cas de la région capitale, Gabriel Attal a indiqué mercredi que le conseil de défense avait une nouvelle fois validé le principe des mesures territorialisées - ce qui semble exclure des annonces qui concerneraient l'ensemble du territoire national. 

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Jean Castex détaillera l'ensemble de ces nouvelles mesures lors de la conférence hebdomadaire, jeudi à 18 heures. Mardi, l’épidémie a encore causé la mort de 320 personnes à travers la France, et 435 malades sont entrés en réanimation.

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