Lot-et-Garonne : sa compagne et son bébé meurent après l'accouchement, il porte plainte

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RÉCIT - Espérant faire toute la lumière sur le drame qui lui a arraché, à une journée d'intervalle, sa conjointe morte en couches et son nouveau-né qui a succombé des suites de l'accouchement, un Lot-et-Garonnais s'en remet à la justice.

Le double deuil que vit un Lot-et-Garonnais depuis quatre mois ne peut laisser personne insensible. Pas même Emmanuel Macron qui l’a spontanément évoqué ce mardi lors de son débat marathon avec quelque 650 maires normands. Alors qu’il était interrogé par un élu sur le devenir de la maternité de Bernay, le chef de l’Etat s’est dit "sensible" à la situation d’un "pauvre monsieur qui a perdu à la fois son épouse et sa petite fille qui venait de naître" à Villeneuve-sur-Lot.   


Le drame a été porté à la connaissance du grand public il a quelques jours lorsque ce père et conjoint endeuillé est revenu, dans les colonnes de La Dépêche, sur ces journées du 8 au 11 septembre 2018, annonçant avoir porté plainte "afin que toute la lumière soit faite" sur ce qu’il pense "être une grossière erreur médicale". Celui qui ne comprend "toujours pas qu’une césarienne n’a pas été pratiquée immédiatement", est notamment toujours dans l'attente des résultats de l’autopsie, pratiquée quatre mois plus tôt.

Recours aux forceps

Le 3 septembre dernier, date prévue de l’accouchement, Marc D’angelo et sa compagne s’étaient rendus au Pôle de Santé du Villeneuvois (PSV) alors que cette dernière ressentait de vives douleurs. Les médecins auraient refusé de procéder à un examen plus poussé demandé par la sage-femme, car "sur le monitoring, les données étaient normales", explique-t-il à nos confrères de La Dépêche. Le 7 septembre, lors d’un nouveau rendez-vous au PSV, aucune anomalie n’avait été détectée non plus, encourageant les équipes à programmer l’accouchement le lendemain.  


Le jour J, la compagne de Marc "est mise sous perfusion afin d’accélérer le travail et le monitoring est toujours normal. Elle se sent alors très fatiguée et souffre beaucoup. On lui rajoute un calmant afin d’atténuer les douleurs et en début d’après-midi une péridurale est pratiquée". Mais la situation s’était aggravée en cours de travail au point de procéder à une injection destinée à faire baisser sa température de la jeune femme faible et fiévreuse. Le gynécologue avait fini par recourir aux forceps pour permettre la sortie du bébé.

"Elle a extrêmement froid. Il y a du sang partout"

Après s’être absenté quelques minutes de la salle d’accouchement à la demande des équipes médicales, Marc a compris à son retour la gravité de la situation : "Les sages-femmes sont à quelques mètres du lit, l’air soucieux. Je me précipite auprès de Sandra. Elle a extrêmement froid. Il y a du sang partout". Très inquiet, il a appris dans la foulée que son bébé doit être transféré d’urgence au CHU de Bordeaux, avant de retourner au chevet de sa compagne.  "Quand je me retourne vers le moniteur, je vois que son rythme cardiaque baisse fortement […]. Elle continue à perdre du sang", se souvient-il. "Les médecins s’activent alors, prodiguent un long massage cardiaque. Mais comme elle a perdu beaucoup de sang et que la transfusion n’est pas encore en place, cela ne sert à rien […]. Je l’ai vue mourir dans mes bras".


Sous le choc après le décès en couches de sa compagne, le jeune papa a du faire face dans la foulée, le 11 septembre, à l'annonce de la mort de sa petite fille. "Un problème dû à l’accouchement et à un manque d’oxygène" est avancé, explique-t-il soulignant que "tous ses organes vitaux étaient atteints". Dès le lendemain, il a dépose plainte contre X pour homicide involontaire, au commissariat de Villeneuve-sur-Lot.

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