Macron a-t-il trop attendu pour reconfiner ? "Le pari est perdu", dénoncent des médecins

Macron a-t-il trop attendu pour reconfiner ? "Le pari est perdu", dénoncent des médecins

TROP TARD ? - Après plusieurs semaines de statut-quo, le gouvernement annoncera finalement de nouvelles mesures de restrictions ce jeudi soir pour endiguer la hausse de l'épidémie. Plusieurs médecins dénoncent du temps perdu.

Le gouvernement a-t-il trop tardé avant de renforcer les restrictions pour contenir l'épidémie de Covid-19 dans certaines régions ? À l'issue du Conseil de défense organisé ce mercredi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a confirmé que "des mesures supplémentaires" allaient être prises dans "les territoires les plus touchés", l'Île-de-France, les Hauts-de-France et plusieurs départements limitrophes. Elles devraient être annoncées ce jeudi, lors de la conférence de presse hebdomadaire du Premier ministre. L'hypothèse d'un reconfinement local ne fait que peu de doute, en semaine ou uniquement le week-end. Des mesures de restriction réclamées depuis fin janvier par de nombreux médecins et professionnels de santé très critiques sur ce "temps perdu". 

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"Quand le président de la République a pris la décision, le 29 janvier, de refuser de prendre en compte les suggestions en termes d'expertise du conseil Covid-19, il a arbitré avec une conséquence : la situation dans laquelle nous nous retrouvons maintenant", déplore sur LCI Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale à l'Université Paris-Saclay (voir vidéo en tête de cet article). "Je ne suis pas certain que ce pari était vraiment soutenable dès lors que des compétences médicales, sur le terrain, voyaient apparaître ce faux plateau et la perspective de ce que nous vivons aujourd'hui."

"Malheureusement, le pari est perdu", tranche encore plus sévèrement le Pr Gilbert Deray sur LCI. Le chef du service néphrologie de la Pitié Salpétrière à Paris dénonce lui aussi la trop longue attente dans l'espoir que le nombre de nouveaux cas baisse. Une baisse qui n'est pas arrivée. "On entend beaucoup dire qu'une semaine sans confinement est une semaine gagnée. Je n'ai pas la même analyse. C'est une semaine perdue", renchérit le Pr Bruno Riou, directeur médical de crise à l'AP-HP.

"Si nous ne faisons rien, l'épidémie va exploser"

Désormais, selon plusieurs médecins, il est urgent d'agir. "Il faut faire trois choses : stopper la progression de l'épidémie, diminuer le niveau de l'infection qui est beaucoup trop élevé avec 25 à 30.000 cas par jour, et reprendre au plus vite la vaccination de masse", indique à LCI Philippe Amouyel, professeur de santé publique. "Sans tout cela, la chance de s'en sortir est nulle", prévient celui qui militait pour de nouvelles mesures dès la fin des fêtes de fin d'année. "Cela ne sert à rien de ressasser le passé, mais il devient important d'agir. Si nous ne faisons rien, l'épidémie va continuer à exploser."

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Pour rattraper le retard, faudra-t-il un confinement total, à l'image de celui organisé au niveau national à l'automne dernier ? Certains spécialistes y sont favorables. "Il faut très vite casser cette épidémie et fermer les robinets, c'est-à-dire faire un confinement total", plaide par exemple le Pr Yves Cohen, chef du service réanimation à Bobigny. D'autres plaident plutôt pour un  confinement uniquement le week-end, comme à Dunkerque, sur la côte niçoise et dans le Pas-de-Calais. "Actuellement, la population peut se regrouper le week-end et échanger du virus", poursuit Philippe Amouyel. "Si nous arrivons à colmater ce trou dans la raquette en confinant le samedi et le dimanche, nous pouvons espérer" une diminution du nombre de cas. Selon le professeur de santé publique, cette mesure pourrait d'ailleurs être "plus acceptable que de mettre totalement des territoires sous cloche".

De nouvelles mesures ne permettraient toutefois pas de diminuer la pression hospitalière à très court terme. "Il faut entre deux et trois semaines pour observer l'impact des restrictions", rappelle Philippe Amouyel. "Lors des deux premiers confinements, nous avons bien vu que les premiers effets sont apparus au bout de 15 jours." Reste désormais à savoir quelle stratégie sera mise en place par le gouvernement. Réponse ce jeudi, à 18 heures.

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