Maladie d’Alzheimer : l’importance de la détecter le plus tôt possible

Maladie d’Alzheimer : l’importance de la détecter le plus tôt possible

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Lever le doute, retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer et permettre à son entourage d’aider sont autant de bonnes raisons de se faire diagnostiquer dès les premiers signes d’alerte.

Aucun traitement ne peut actuellement soigner la maladie d’Alzheimer. Pourtant, la diagnostiquer le plus tôt possible est nécessaire pour la stabiliser et vivre au mieux avec, parfois pendant plusieurs années. Près de 900.000 Français sont directement touchés, ce qui en fait la maladie neurodégénérative la plus fréquente. Mais ce chiffre pourrait être sous-estimé : selon les chercheurs un malade sur deux ignore qu’il est concerné. Or, une fois installée, la maladie peut sérieusement compromettre la vie quotidienne et les relations avec les autres. D’où l’importance de ne pas attendre que les symptômes s’installent de manière irréversible. 

Agir pour ralentir l’évolution de la maladie

Les médecins peuvent agir lorsque le diagnostic est posé. Même si l’Assurance Maladie ne rembourse plus les médicaments destinés à retarder les effets d’Alzheimer depuis le 1er août 2018, leur prescription est toujours possible. S’ils sont jugés inefficaces et potentiellement nocifs par la Haute Autorité de Santé (HAS), de nombreux professionnels de santé y voient un intérêt pour les patients. « J’ai la conviction qu’ils sont utiles lorsqu’ils sont prescrits à bon escient », affirmait ainsi le professeur en neurologie Bruno Dubois lors des entretiens d’Alzheimer, le 4 juin à Paris. « Comme il y a une phase de compensation du cerveau qui peut être très longue, surtout si l’on s’aide de ces traitements, il y a toujours l’espoir qu’entre temps, la recherche progresse suffisamment pour arriver enfin à bloquer la cascade qui aboutit à l’accumulation anormale de protéines dans le cerveau », précise de son côté le Pr Olivier de Ladoucette, psychiatre et président de la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer. Les médecins peuvent aussi orienter leurs patients vers des thérapies non-médicamenteuses. 

Être fixé sur son avenir

Lorsque le doute plane, les esprits s’échaudent. Soit parce que le patient vit dans la crainte de la maladie, parfois à tort, soit parce que la situation fait naître des tensions avec l’entourage. Les proches peuvent en effet perdre patience face aux sautes d’humeur, aux pertes de mémoire et face aux problèmes d’orientation dans l’espace et le temps d’un proche. Passer un examen a l’avantage de fixer le patient sur son avenir et lui donne une chance de pouvoir agir sur son présent, mais aussi de préparer son avenir, en désignant son futur tuteur par exemple et/ou une personne de confiance.


Actuellement, il est possible de repérer la maladie grâce à un test de mémoire et à deux types d’examens complémentaires. Elle peut être détectée dans la plupart des centres experts de la maladie d’Alzheimer en France, même à un stade précoce, grâce à la recherche de biomarqueurs.


- La ponction lombaire : cette méthode invasive permet une analyse du liquide céphalo-rachidien. Les médecins peuvent y déceler une augmentation de la protéine Tau (impliquée dans les dégénérescences neuro-fibrillaires) et une diminution de la protéine amyloïde.


- L’imagerie médicale : le TEP SCAN permet d’identifier la présence de plaques amyloïdes qui se forment dans le cerveau suite au dérèglement des protéines Bêta-amyloïde. L’IRM met aussi en évidence l’atrophie de certaines régions du cerveau, comme l’hippocampe. 


- La grille d’observation : un questionnaire d’évaluation des comportements prenant en compte 5 domaines (Apathie /Humeur/self-control/Comportement en société/Perception) a été créé pour détecter les signes avant-coureurs de la progression des troubles légers du comportement vers un état de troubles cognitifs légers ou de la maladie neurodégénérative. Cette grille peut aussi être utilisée mesurer l’étendue de la maladie, suivre sa progression et définir des critères d’évaluation de l’efficacité des traitements préventifs.

Bientôt empêcher l’apparition de la maladie ?

Les outils de diagnostic ont beau être performants, ils peuvent être impressionnants pour le patient, invasifs et présentent un coût élevé. Les chercheurs planchent donc sur de nouveaux moyens de diagnostic précoce. Une équipe dirigée par le professeur Harald Hampel en collaboration avec l’Institut de la Mémoire et de la Maladie d’Alzheimer (IM2A), l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) et la compagnie de neurosciences NeuroVision Imaging développe actuellement un test rétinien. 


D’après leurs travaux, la rétine de patients récemment diagnostiqués de la maladie d’Alzheimer est nettement plus mince que celle de sujets sains. Ils l’expliquent par l’accumulation de plaques amyloïde et la mort progressive des neurones de la rétine. Ainsi, les lésions cérébrales observées dans le cas de la maladie se manifesteraient d’abord au niveau des yeux avant de coloniser le cerveau. Par un examen comme celui du fond de l’œil, les médecins pourraient donc détecter les changements amyloïdes de façon précoce chez les personnes à risque de développer la maladie d’Alzheimer.


Les chercheurs pensent que les premiers signes pourraient advenir 15 à 20 ans avant la déclaration des symptômes de la maladie. Mettre en place un traitement à ce stade permettrait donc de les stopper avant qu’ils ne se manifestent. Mais si les lésions du cerveau semblent être une condition nécessaire à l’apparition de la maladie, elles ne sont pas une condition suffisante. Les études futures devront donc déterminer les facteurs à prendre en compte pour prédire la survenue de la maladie Alzheimer.


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