Maladie d'Alzheimer : le point sur la recherche

Maladie d'Alzheimer : le point sur la recherche

SANTE – Avec la vieillissement de la population, la maladie d'Alzheimer gagne du terrain et on estime que, d'ici à 2020, près de 1,3 million de personnes seront touchées en France. Pourtant, maîtriser la maladie est encore impossible et aucun traitement n'a été trouvé pour le moment. Metronews fait le point avec un scientifique sur ce que l'on sait à ce jour de la maladie.

Son nom est très connu du grand public mais les causes de la maladie d'Alzheimer sont encore méconnues. Ce trouble neurodégénératif touche près de 900 000 personnes en France et en concerne 3 millions si l'on prend en compte leur entourage, qui doit également composer avec les conséquences sur la vie quotidienne. Malgré de nombreuses recherches, la communauté médicale et scientifique n'a pas encore trouvé de remède à la maladie d'Alzheimer et aux syndromes apparentés.

Et pour cause : on sait très peu de chose sur la maladie elle-même. "Nous savons qu'au moins deux protéines entrent en jeu, mais nous avons encore du mal à déterminer leur rôle", explique le Dr Emmanuel Barbeau, directeur de recherche au CNRS à Toulouse. "La maladie est diffuse et concerne toutes les régions du cerveau. De plus, le cerveau est protégé par une barrière naturelle, la barrière hémato-encéphalique, qu'il est difficile de passer."

Des améliorations sur le diagnostic

Ce que les scientifiques croient savoir pour le moment, c'est que la maladie d'Alzheimer "commence probablement au début de la cinquantaine. La première phase dure une quinzaine d'années, sans symptômes ni troubles qui pourraient alerter ", indique le Dr Barbeau. Les symptômes apparaissent lors de la deuxième phase, où les personnes restent néanmoins autonomes. La troisième phase, généralement autour de 75 ans, se caractérise par une perte d'autonomie sévère.

"La recherche a fait beaucoup de progrès en ce qui concerne le diagnostic, de plus en plus précoce. Cela permet de préparer les familles, d'envisager une prise en charge cognitive" du malade et un accompagnement de ses proches . "Les progrès de l'imagerie cérébrale nous ont beaucoup aidés. On connaît désormais la signature cérébrale de la maladie", poursuit le médecin.

Faire travailler la mémoire

Mais en l'absence de connaissance du mécanisme de la maladie, il n'existe pas de traitement médicamenteux, même si plusieurs essais cliniques sont en cours. A l'heure actuelle, les médicaments reçus par les malades servent à traiter des problèmes induits par la maladie, comme l'anxiété et les sautes d'humeur. Emmanuel Barbeau, lui, travaille avec son équipe sur la mémoire de reconnaissance pour tenter de retarder la perte d'autonomie. "On pense souvent, à tort, que la mémoire est l'ensemble des choses dont on se souvient. Or, il s'agit aussi de ce qui est nouveau et que notre cerveau va être capable d'apprendre. La mémoire est la tension entre ce qui est familier et ce qui est nouveau", explique-t-il.

Pour cette recherche, des patients sont soumis à certains exercices, et l'activité de leur cerveau surveillée par un IRM. Exemple d'exercice : "si vous apprenez de nouvelles informations sur Lady Di, elles vont rentrer dans un cadre familier et s'ajouter à ce que vous connaissez déjà sur elle. Ensuite, vous allez apprendre des choses sur une personne que vous ne connaissez pas du tout. En fonction des réactions que nous aurons observées dans le cerveau, nous espérons pouvoir affiner la prise en charge des malades, proposer des accompagnements plus adaptés". Lundi, au lendemain de la Journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer, le Dr Barbeau sera d'ailleurs récompensé par la bourse de la Fondation de l'avenir et Harmonie mutuelle.

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