"Médecins irresponsables" : " Cette poignée de personnes commet erreur après erreur" confirme le Pr Deray

"Médecins irresponsables" : " Cette poignée de personnes commet erreur après erreur" confirme le Pr Deray

INTERVIEW - Invité politique jeudi 12 novembre, le chef du service de néphrologie à la Pitié-Salpêtrière, est notamment revenu sur les reproches formulés par Olivier Véran à l'égard de certains médecins.

Olivier Véran ne mâche pas ses mots. Dans une déclaration recueillie par Paris Match, le ministre de la Santé fustige "certains médecins", qu'il qualifie d'"irresponsables" leur reprochant, par leurs propos, d'avoir favorisé l'arrivée de la deuxième vague. "Nous avons une poignée de personnes, pas que des médecins, qui tiennent depuis plusieurs mois des propos que je qualifierais effectivement d'irresponsables", confirme jeudi 12 novembre sur LCI le professeur Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à la Pitié-Salpêtrière.

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Toussaint, Toubiana, Perronne, Raoult...

"Il y a un devoir d'honnêteté. C'est-à-dire de dire ce qui se passe à un instant donné, de dire ensuite si l'on s'est trompé, d'adapter notre discours et de ne jamais sombrer dans le complotisme. Cette poignée de personnes commet erreur après erreur, ne corrige jamais, n'admet jamais rien et verse dans le complotisme", ajoute-t-il. Avant de citer nommément des médecins "rassuristes", responsables de la deuxième vague : Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), Jean-François Toussaint, spécialiste en physiologie et épidémiologie du sport, Laurent Toubiana, épidémiologiste, "et même notre professeur Didier Raoult qui commet erreur après erreur". Pas nécessairement ceux auxquels pensaient Olivier Véran, qui remettait en question des propos tenus par le Pr Caumes, qui avait suggéré cet été que les jeunes atteignent l'immunité collective en se contaminant les uns, les autres.

Un relâchement qui d'ailleurs semble se poursuivre dans la population française selon un sondage Ifop révélant que 60% ont déjà transgressé au moins une fois les règles du confinement, instauré le 30 octobre. Soit 27 points de plus que les six premières semaines du premier confinement. Des résultats que le professeur assimile avant tout à "la fatigue des Français" : "Je veux engager les personnes à suivre très attentivement le confinement : c'est comme ça qu'on en sortira plus vite".

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Je ne vois pas comment sanitairement parlant on pourra faire les fêtes de Noël-

Grande interrogation en termes de projection pour les semaines à venir : quid des fêtes de fin d'année et donc d'un Noël en famille ? Le chef du service de néphrologie à la Pitié-Salpêtrière pense qu'il sera possible de se réunir seulement "en petits groupes". "Qu'on puisse se réunir, à six, oui. Mais toute la famille, des petits-enfants aux grands-parents, je ne le crois pas. Ce serait faire prendre un risque considérable aux grands-parents et ce serait relancer l'épidémie", explique-t-il. "Je ne vois pas comment, sanitairement parlant, on pourra faire les fêtes de Noël".

Le professeur récuse par ailleurs l'expression d'apprendre à "vivre avec le virus" : "Il ne faut pas imaginer vivre avec le virus parce qu'il est plus fort que nous", concède-t-il. "Quand on dit 'on va vivre avec', finalement il nous submerge en fait : je crois qu'il faut chercher à tuer le virus".

Parmi les autres sujets abordés, la fermeture des lycées, sur laquelle le conseil de défense sanitaire doit se pencher ce jeud. "C'est une décision politique", prévient le médecin. "Si l'épidémie progresse, on va aller vers leur fermeture. Si on les maintient ouverts : il faut [...] un renforcement des mesures sanitaires et le dépistage massif".

Une note d'espoir enfin avec le candidat vaccin contre le Covid-19, annoncé ce lundi 9 novembre "efficace à 90%" par le laboratoire Pfizer et son partenaire allemand BioNTech, au cours de la troisième phase d’essai clinique. 

Gilbert Deray y voit dans le vaccin "un espoir colossal - à confirmer - qui permettrait, courant 2021 de tuer l'épidémie". De là à le rendre obligatoire pour tous ? "Je crois que ce n'est pas la voie", assure-t-il, craignant que cela n'ouvre des argumentaires à la mouvance antivax. "Quand vous tuez la confiance, vous relancez l'épidémie : il faut s'attaquer à la désinformation".

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