Les Académies de médecine et de pharmacie se prononcent pour le déremboursement de l'homéopathie

Santé
DirectLCI
MÉDECINE - Selon une information du "Figaro", les Académies de médecine et de pharmacie réclament la fin du remboursement de l’homéopathie, et la fin de son enseignement.

Faut-il dérembourser l'homéopathie ? Selon les médecins et les pharmaciens, oui. Ce mardi après-midi, l’Académie de médecine a voté par 58 voix pour, 16 voix contre et 8 abstentions la publication d’un communiqué co-signé avec l’Académie de pharmacie demandant la fin du remboursement de l’homéopathie, indique Le Figaro


Les professionnels veulent que l’homéopathie soit présentée comme un placebo et indiquer sur les boîtes qu’aucune efficacité n’est scientifiquement prouvée. "L’état des données scientifiques ne permet de vérifier" aucun des principes de l’homéopathie et "les méta-analyses n’ont pas permis de démontrer une efficacité des préparations homéopathiques" précise le communiqué. 

Ils souhaitent également que ne soit plus délivré de diplôme universitaire dédié en faculté de médecine, de pharmacie ou en école vétérinaire. Le Figaro indique que c’est la première fois que les pharmaciens affirment publiquement leur position sur cette question.

L'homéopathie a la cote auprès des Français

Conscients de la bonne image de l’homéopathie auprès des Français, les académiciens écrivent que cela peut s’expliquer "par la connaissance insuffisante et/ou la sous-estimation de l’effet placebo avec attente, seule explication possible, mais aussi suffisante, des effets de l’homéopathie en l’état actuel de la science" a estimé le Pr Daniel Bontoux, rapporteur du communiqué voté ce mardi.

En vidéo

ARCHIVES - Faut-il dérembourser l'homéopathie ?

Il y a un an, 124 professionnels de santé avaient dénoncé dans une tribune publiée dans Le Figaro les médecines alternatives dont fait partie l’homéopathie. Les signataires y voyaient le risque d’une surmédicalisation, du développement d’une méfiance vis-à-vis de la médecine conventionnelle, et le retardement des diagnostics et des traitements nécessaires. Ils y dénonçaient également le coût pour les finances publiques. "Les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30% (et jusqu’à 90% en Alsace-Moselle) avec un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité", regrettaient les signataires, qui demandaient à l’Ordre des médecins de réagir et d’en stopper le remboursement par la Sécurité sociale.

Les autorités vont trancher

En janvier dernier, c'est le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), principale société scientifique de médecine générale française, qui plaidait pour le déremboursement des médicaments homéopathique. Il estimait "nécessaire d'abandonner les méthodes ésotériques qui appartiennent à l'histoire et qui aujourd'hui trompent les patients comme encore certains professionnels".


Les autorités sanitaires nationales vont prochainement trancher ce débat explosif. Le ministère de la Santé a saisi en août 2018 la Haute autorité de santé (HAS) pour évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement. La HAS doit bientôt rendre son verdict.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter