Mort de Corentin : faut-il avoir peur de l'appendicectomie ?

Santé

ACCIDENT – Un enfant de 11 ans est mort pendant une banale opération de l'appendicite. Pour autant, il n'y a pas de raison de se méfier de l'appendicectomie de manière générale. Explications.

Le 2 novembre, un enfant de 11 ans est mort des suites d'une ablation ratée de l'appendice à l'hôpital clinique Claude-Bernard de Metz. Selon des informations du Républicain lorrain, non encore confirmées par les autorités, un premier chirurgien aurait touché l'aorte abdominale, provoquant une hémorragie. Or, l'an dernier, c'est une adolescente de 17 ans qui est décédée pour cette même raison .

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Toutefois, rappelle à metronews le docteur Jérôme Loriau, chef du service de chirurgie digestive du groupe hospitalier Paris-Saint-Joseph (GHPSJ),"il ne faut pas s'imaginer se passer de la chirurgie dans les cas d'appendicite aiguë". Certes, comme pour toutes les opérations, il peut y avoir des complications. Non seulement, celles-ci sont rares mais, en plus, il existe des moyens de les éviter et de les traiter.

"Un risque spécifique de la chirurgie par cœlioscopie"

Ainsi, cette perforation de l'aorte ou d'autres organes, comme l'intestin ou l'utérus, est "un risque spécifique de la chirurgie par cœlioscopie qui n'existe pas dans la chirurgie ouverte". En effet, "on rentre des instruments de grande taille par de petits orifices". La cœlioscopie consiste à gonfler le ventre avec du gaz carbonique et, à partir de petites incisions sur la peau, à passer des tubes dans la paroi abdominale. Ces trocarts , comme on les appelle, permettront de faire passer le reste des instruments et notamment la caméra.

"Quand on rentre le premier trocart pour mettre la caméra, c'est une phase critique, puisqu'on agit en aveugle, alors qu'une fois qu'il y a la caméra tout est sous contrôle de la vue", souligne le docteur Loriau. Or, "chez des patients très maigres ou jeunes et donc petits, la distance entre la paroi du ventre et l'aorte est très courte". L'attention des chirurgiens doit donc être toute particulière à ce moment précis : "Il faut tout planifier, bannir l'improvisation."

Taux de complication acceptable

L'appendicectomie reste une opération extrêmement fréquente (83.000 en 2010). Il n'y a pas de raison d'en mourir , sauf fragilité extrême du patient (par exemple très âgé) ou infection très grave (l'appendicite évolue en péritonite puis en septicémie, c'est-à-dire que l'infection se généralise).

Mais, dans ce cas, il ne s'agit plus d'appendicite aiguë simple. "C'est justement pour cela qu'il ne faut pas rester chez soi avec une douleur au ventre, en bas à droite . Ni se traiter aux antibiotiques pour retarder l'opération comme Rafael Nadal l'a fait", conclut le chirurgien digestif.

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