Rejets toxiques d'une usine Sanofi : le gouvernement lance un ultimatum de 3 mois au géant pharmaceutique

Rejets toxiques d'une usine Sanofi : le gouvernement lance un ultimatum de 3 mois au géant pharmaceutique

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POLLUTION - Au lendemain des dénonciations par France Nature Environnement du rejet de "matières dangereuses" de l'usine Sanofi à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), le gouvernement a donné trois mois à la firme pour se mettre aux normes.

Le groupe pharmaceutique n'aura finalement pas attendu les poursuites judiciaires pour agir. Sanofi a annoncé, ce lundi soir l'arrêt immédiat de la production de son usine chimique de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), devant le tollé suscité par des informations de presse sur ses émissions hors norme de rejets toxiques.


"Sanofi Chimie décide d'engager dès aujourd'hui l'arrêt de la production de son site de Mourenx, et d'opérer les améliorations techniques annoncées et indispensables à un retour à la normale", a déclaré le groupe dans un bref communiqué, précisant avoir diligenté une enquête interne "pour mieux comprendre les causes et l'historique de la situation". Une décision qui a précédé l'annonce par le gouvernement d'un ultimatum de "trois mois", annoncé mardi 10 juillet, pour que l'usine respecte ses normes.


L'usine de Sanofi à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), où le groupe pharmaceutique produit l'antiépileptique Dépakine, rejette des "matières dangereuses à des taux astronomiques", dénonce lundi l'association France Nature Environnement (FNE), qui compte déposer plainte prochainement.

Cette usine, située dans le bassin industriel de Lacq, a l'autorisation d'émettre "cinq composés organiques volatils (bromopropane, toluène, isopropanol, valéonitrile et propène) dans l’air dans la limite globale de 110 mg/m3", indique FNE dans un communiqué. "Il en émet en réalité 770.000 mg/m3, soit 7.000 fois plus que la norme autorisée", affirme encore FNE, qui fédère 3.500 associations de protection de l'environnement.

La situation est encore plus grave dans le cas du bromopropane, qui entre dans la composition du valproate de sodium (Dépakine), avec des contrôles ponctuels ayant révélé des dépassements "de 90.000 fois et 190.000 fois la norme", selon FNE.


Sanofi avait d'abord réagi à ces accusations, en reconnaissant "un problème de dépassement localisé des seuils de rejet de vapeur de solvants", mais assurant toutefois dans un communiqué que les populations n'étaient "pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation".

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