À l'approche de Noël, l'inquiétude des Français bloqués au Royaume-Uni

À l'approche de Noël, l'inquiétude des Français bloqués au Royaume-Uni

CRISE SANITAIRE- Alors que la France a fermé ses frontières avec le Royaume-Uni jusqu'à mercredi, des milliers de Français se retrouvent coincés de l'autre côté de la Manche. Un scénario catastrophe pour certains à l'approche des fêtes.

"Je suis très inquiet, je comptais rentrer chez moi mais je suis obligée de prendre une chambre d'hôtel. Ce n'était pas inclus dans mon budget donc je suis un peu perdu", affirme un Français en déplacement professionnel à Londres. Comme lui de nombreuses personnes s'inquiètent à l'idée de rester bloqués au Royaume-Uni pour Noël.

Comment en est-on arrivé là ? Samedi dernier, le Premier ministre Boris Johnson a affirmé que le virus présent à dans la capitale britannique serait jusqu'à 70% plus contagieux que la précédente souche. Cette mutation est considérée par Londres comme "hors de contrôles" sur son territoire.  L'annonce a provoqué un vent de panique sur la scène internationale. Le lendemain, la France, les Pays-Bas et la Belgique ont décidé de surprendre tous les déplacements en provenance du Royaume-Uni jusqu'au 23 décembre. 

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Pour les 300 000 Français expatriés, les conséquences sont lourdes. À l'approche des fêtes de fin d'année,  ils sont des milliers à entamer un véritable parcours du combattant pour rentrer à temps. "Je suis arrivé à la gare à 8 h,  hier soir, le tunnel était fermé, impossible de repartir", témoigne un jeune homme coincé à la gare de St-Pancras International. D'ailleurs, le calme règne dans cette station ferroviaire qui est en temps normal une plaque tournante des échanges internationaux. Que ce soit pour se rendre en Belgique, aux Pays-Bas ou en France, aucune liaison n'est assurée. Sur les écrans de téléphone, les trains affichent complet jusqu'aux fêtes. Idem pour le trafic aérien qui est lui aussi suspendu. 

Dimanche, le gouvernement a bien précisé qu'aucun avion, ni train, ni bateau transportant des passagers ne pourra traverser la Manche et ce pour 48 heures, "un délai d'urgence et de précaution" selon Clément Beaune, le secrétaire d'État chargé des Affaires européennes. Chez Eurostar qui a annulé tous ses trains au départ de Londres, "on ne sait pas si cela va durer jusqu'à mardi ou plus longtemps, on attend les annonces gouvernementales", explique une porte-parole de l'entreprise. 

Les ressortissants priés de faire un test PCR

Un éventuel retour des Français installés outre-Manche serait possible "à condition d'avoir un protocole sanitaire protecteur à la fois pour eux et pour notre pays", a expliqué le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, qui demande aux Français de réaliser un test PCR s'ils veulent avoir une chance de rentrer pour Noël.

Au Royaume-Uni, les centres de tests ne désemplissent pas. Mais, l'obligation de se faire tester pour avoir une chance de revoir sa famille à temps pour les fêtes ne serait pas accessible pour tout le monde. Pour certains foyers, c'est aussi un budget supplémentaire :" Ça devient très cher, pour une famille de cinq personnes, c'est presque 1000 euros", déclare une dame sur place. 

Air France promet de s'adapter aux besoins

Pour l'instant, aucune opération de rapatriement ne semble prévue d'ici à mercredi. "Nous n'avons reçu aucune information ni instruction qui aille dans le sens d'une organisation de rapatriement", détaille un porte-parole d'Air France. Mercredi il restera deux jours pour transporter les voyageurs désireux de quitter le pays avant le réveillon, et Air France assure pouvoir s'adapter si besoin. "On verra en fonction de la demande, mais on peut prendre des avions plus gros et augmenter le nombre de places disponibles", affirme le porte-parole du groupe. 

À trois jours de Noël, Emmanuel Macron a justifié lundi l'isolement de la Grande-Bretagne face à la mutation "problématique" du coronavirus alors que le gouvernement se prépare au début de la vaccination dimanche. Des réunions sont en cours à Bruxelles pour déterminer un protocole sanitaire commun aux pays de l'Union européenne, et permettre une réouverture coordonnée des frontières, selon une source diplomatique européenne. 

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"C'est une situation exceptionnelle qui nous a amenés à prendre cette décision rapide et qui doit nous amener à redoubler de vigilance sur l'évolution" du virus, a ajouté le président, vêtu de noir et portant un masque, depuis la résidence officielle de La Lanterne, à Versailles, où il est toujours à l'isolement après avoir été testé positif jeudi au Covid-19.

Pendant ce temps, le Royaume-Uni se reconfine pour la troisième fois avec une seule idée en tête : juguler une envolée des contaminations attribués à une nouvelle souche du virus. À quelques jours des fêtes de fin d'année, toute l'Europe s'est ainsi mobilisée face à la situation sanitaire au Royaume-Uni, en outre engagé dans la dernière ligne droite du Brexit.

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