Nanoparticules et aliments : est-ce dangereux pour la santé ?

Santé
DANS L’ASSIETTE – Une enquête de l’association Agir pour l’environnement révèle la présence de nanoparticules dans 4 produits alimentaires couramment achetés. Problèmes : l’étiquette ne les mentionne pas et les conséquences sur la santé sont incertaines. On fait le point.

Que de surprises se cachent dans nos aliments ! L’association Agir pour l’environnement révèle dans une enquête publiée ce mercredi 15 juin la présence de nanoparticules, des substances aux dangers méconnus. Pire, les industriels n’ont pas pris soin de le mentionner sur l’étiquette alors que la législation les y contraint.

Quels sont les produits concernés ?
Le laboratoire national de métrologie et d’essais, rattaché au ministère de l’industrie, a analysé 4 produits alimentaires à la demande de l’association Agir pour l’environnement. Des nanoparticules de dioxyde de titane (additif colorant E171) ont été retrouvées dans les biscuits Napolitains Lu, dans les chewing-gums Malabar et dans la blanquette de veau préparée William Saurin. Egalement, des nanoparticules de dioxyde de silice (additif antiagglomérant E551) ont été repérées dans un mélange d’épices pour guacamole Carrefour.

C’est quoi, des nanoparticules ?
Ces substances sont utilisées par les industriels pour colorer les aliments, en améliorer la texture ou la conservation. Si l’utilisation des nanoparticules n’est pas nouvelle, l’enquête de l’association Agir pour l’environnement montre que les industriels ne mentionnent sur aucun produit leur présence comme ils le devraient. Un règlement européen de décembre 2014 impose en effet la mention "nano" sur les aliments qui contiennent au moins 100 nanomètres. Une proportion dépassée dans les 4 produits.

Quels sont les risques pour la santé ?
La toxicité de ces substances est mal connue à l’heure actuelle. Seule certitude : leur taille microscopique leur permet de pénétrer dans les moindres recoins de l’organisme. Ils peuvent ainsi se faufiler dans le sang ou les poumons lorsqu’on les mange ou les respire. Ces substances sont aussi très résistantes. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) considère ainsi que certaines de ces particules sont "toxiques" pour l’homme et l’environnement. De son côté, le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe le dioxyde de titane comme "cancérigène possible" lorsqu’on le respire.

Que demande l’association ?
Face à ces risques, Agir pour l’environnement réclame l’application du principe de précaution. "Cette enquête apporte la preuve qu’il y a défaillance dans l’information et la protection du consommateur, explique Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes pour l’association. La réglementation, pour laxiste qu’elle soit, n’est même pas appliquée !" L’association va saisir la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour qu’elle procède à un rappel de produits. Enfin, elle demande au gouvernement de mettre en place un moratoire sur les nanoparticules, potentiellement dangereux pour les personnes les plus vulnérables en particulier, comme les enfants et les femmes enceintes.

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