Attention, l'hôpital de Garches ne va pas fermer pour "museler" le Pr Perrone qui y travaille

Le transfert des activités de l'hôpital est prévu pour 2027.

DÉCORÉLLÉ - Les autorités sanitaires, contrairement à ce qu'affirment de nombreuses publications, n'ont pas décidé la fermeture de l'hôpital de Garches en représailles aux prises de positions controversées du Pr Perrone, qui y officie. Le déplacement de cet établissement est en effet acté depuis 2017...

Le sénateur Pierre Ouzoulias s'est ému le 5 novembre de la fermeture annoncée de l'hôpital de Garches, Hauts-de-Seine. Une décision malvenue à ses yeux alors que la France se trouve aujourd'hui confrontée à une grave crise sanitaire. L'extrait de son intervention devant le Sénat a été massivement relayée, que ce soit par de simples internautes ou par des élus. 

Certains ont ainsi déploré que cette fermeture soit un moyen utilisé par les autorités sanitaires pour s'en prendre au Pr Christian Perronne, qui y dirige le service d'infectiologie. "Le professeur Christian Peronne gène...On ferme son hôpital ! Élémentaire !!!", a notamment twitté Alain Houpert, sénateur LR de la Côte-d'Or. Une accusation reprise sur Facebook, où l'on accuse Olivier Véran de vouloir "museler" le praticien. 

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Pas de fermeture, mais un transfert acté dès 2017

Contrairement à ce que laissent entendre ces différents messages très largement relayés, les déclarations du Pr Perronne n'ont aucun lien avec la fermeture de l'hôpital de Garches. Parler de fermeture pure et simple peut d'ailleurs prêter à confusion puisqu'en réalité, cet établissement va voir ses différents services transférés sur le site voisin de l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), situé à moins de dix kilomètres.

Il s'agit par ailleurs d'une décision qui n'a rien à voir avec le Pr Perronne, puisqu'elle a été annoncée il y a plus de trois ans, en juillet 2017.  Cette annonce, précise l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (APHP), "faisait suite à plusieurs années de réflexion autour de la reconstruction d’un hôpital vieillissant, peu accessible, conçu autour d’organisations de prise en charge et de soins datant des années 1930".

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La vocation actuelle de l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, "qui est d’offrir une prise en charge unique en France pour des patients souffrant de pathologies sévères", ajoute l'APHP, "sera bien entendu maintenue et même enrichie sur le site de l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt. Tous les patients de l’hôpital Raymond Poincaré [...] seront ainsi pris en charge dans des locaux neufs, accessibles et adaptés." Des garanties accueillies avec des réserves en 2017, lors de l'annonce de ce projet. L'AFP, à l'époque, relatait les craintes des soignants et les 5.000 signatures reçues par une pétition réclamant l'abandon de ce transfert.

En réponse au sénateur Pierre Ouzoulias, le secrétaire d'État auprès du ministre des solidarités  Adrien Taquet a lui insisté sur le fait qu'il ne s'agit "nullement d'un projet de démantèlement guidé par un souci de rentabilité". Le but affiché ? "Doter les Hauts-de-Seine d'un nouveau plateau technique de pointe et renforcer l'offre de soins sur le territoire." Il a voulu se montrer rassurant, en ajoutant que "le plateau technique installé sur le site de l'hôpital Ambroise-Paré bénéficiera à toutes les spécialités qui sont présentes aujourd'hui à l'hôpital Raymond-Poincaré et renforcera plus spécifiquement la prise en charge médico-chirurgicale du handicap. [...] L'offre de soins sera maintenue et le confort hôtelier sera renforcé, avec 95 % de chambres simples, contre 70 % aujourd'hui."

Comme l'a souligné le site  spécialisé Hospimedia, le transfert d'activité de l'hôpital de Garches devrait être retardé. Initialement prévu en 2024 ou 2025, il est dorénavant programmé à l'horizon 2027. Quelle que soit la date à laquelle ce déménagement aura lieu, il est en tout cas totalement infondé d'assurer que cette décision est liée à la situation du Pr Perronne. Si ses prises de position lui ont valu d'être visé par le Conseil de l'ordre des médecins et par les instances déontologiques de l'APHP, la migration vers l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt a été décidée bien avant la crise du Covid-19.

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