Non, une étude allemande ne démontre pas les effets du port du masque chez les enfants

Non, une étude allemande ne démontre pas les effets du port du masque chez les enfants

ÉCOLE – Une publication citant une étude allemande accuse le port du masque d'être à l'origine de nombreuses complications chez les enfants. Des chiffres encore préliminaires et pas tout à fait objectifs.

Fatigue, irritabilité, maux de tête, voire troubles de l'apprentissage. Voilà quelques-uns des symptômes supposés être liés au port du masque chez certains enfants, selon une publication diffusée sur les réseaux sociaux depuis le début du mois. L'illustration, qui représente des enfants, l'air malheureux, dans  une cour, donne également une série de chiffres inquiétants censés prouver "les répercussions du port du masque chez les enfants et les adolescents". Les auteurs citent comme sources les "données recueillies par l'université Witten – Herdeckeen, en Allemagne". Qu'en est-il réellement?

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Une étude aux airs de consultation en ligne

D'après la publication, le masque provoquerait des maux de tête chez 57% des enfants portant le masque. 49% éprouveraient aussi "moins de bonheur", 44 % une réticence à aller à l'école et 38 % connaîtraient des troubles d'apprentissage. Enfin, 27% seraient victimes de "somnolences" et 42% ressentiraient un "inconfort". Des symptômes, dont certains se révèlent plus alarmants que d'autres, et poussent les auteurs de ce visuel à demander à ce qu'on "laisse les enfants respirer".

En remontant la source de ce tract, on identifie facilement grâce au logo qui se trouve sur le visuel l"action21 - lyon 69". Un "collectif de parents, grands-parents, citoyens" dont l'objectif est de " protéger la santé physique, psychique et moral" des plus jeunes contre un prétendu "protocole sanitaire qui ne respecte pas les droits fondamentaux". Sur leur blog, on retrouve dans l'onglet "s'informer" une partie dédiée aux "références". Une façon simple de remettre la main sur les sources citées. 

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Les auteurs font en effet référence à une étude. Plus précisément à une prépublication basée sur un questionnaire en ligne. Cette recherche devait justement venir répondre à un manque de données sur "l'accumulation des témoignages chez les enfants et les adolescents de plaintes causées par le port d'un masque". S'ils viennent illustrer ce phénomène, ces travaux ne peuvent cependant pas servir de preuve. Les chercheurs eux-mêmes émettent des réserves dans leur commentaire.

D'une part, ce questionnaire était autoadministré. C'est-à-dire réalisé uniquement partir de déclarations, majoritairement de parents (88%) sur leurs propres enfants. L'échantillon des 25.930 enfants n'est donc pas représentatif de l'ensemble de la société allemande. Et surtout, il possède un biais. Les auteurs alertent sur le manque de diversité de l'échantillon étant donné que ce questionnaire en ligne a été partagée sur des pages "qui critiquent les mesures de lutte contre le coronavirus du gouvernement"

Les chercheurs ont donc eux-mêmes souligné que les observations des parents "n'étaient pas nécessairement liées ou causées par le port du masque". Selon eux, si "le spectre des symptômes enregistrés indiquent l'importance du sujet", il faut désormais "des enquêtes représentatives". Et surtout des "essais contrôlés randomisés". Un critère compliqué à respecter aujourd'hui, en l'absence de groupe de contrôle qui ne porterait pas le masque en cours. S'il est donc indéniable que certains enfants éprouvent des difficultés, cette consultation en ligne ne permet pas d'en démontrer l'ampleur. 

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