"Nous, on est prêts" : le directeur vaccin de Pfizer France détaille les étapes de déploiement du vaccin

"Nous, on est prêts" : le directeur vaccin de Pfizer France détaille les étapes de déploiement du vaccin

EXCLUSIF - Alors que le lancement de la campagne de vaccination approche en France, David Lepoittevin, directeur vaccins de Pfizer France, détaille les prochaines étapes et notamment la logistique hors norme pour distribuer le vaccin dans toute la France.

Une nouvelle étape. Lundi 21 décembre, l'agence européenne du médicament (AEM) a autorisé le vaccin de Pfizer/BioNtech sur le marché. Ce feu vert va ainsi permettre le début de la campagne de vaccination dans l'Union européenne. Pour l'instant, le précieux sérum est encore de l'autre côté de la frontière, à l'usine de Puurs en Belgique - l'un des plus gros sites de production du géant pharmaceutique américain en Europe. 

Alors qu'est-ce qui nous attend dans les prochains jours ? David Lepoittevin, directeur de l'activité vaccins au sein de la filiale française du laboratoire américain Pfizer, a répondu aux questions de TF1 et nous a dévoilé les différentes étapes de cette opération tant attendue. En effet, le vaccin contre le covid-19 devrait être conservé à une température très basse (- 70 °C) - un défi logistique et technique. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Quand le vaccin arrivera-t-il en France ? 

David Lepoittevin : Nous, Pfizer,  on est prêt ! Dès qu'on a le "go" des autorités françaises, on va donner l'ordre de départ, sachant que la production est déjà en cours. Il faut que ce soit entériné au niveau local donc on attend la décision de la commission technique de vaccination et celle du gouvernement pour nous autoriser à être mis sur le marché en France. Ça devrait arriver d'ici la fin de la semaine. Comme l'a dit le ministre de la Santé, Olivier Véran, on peut s'attendre à un début de vaccination dès le 27 décembre. Il faut suivre un processus réglementaire assez précis en France. 

Ce sont des dizaines de millions de doses qui sont prêtes à partir. C'est un défi monstrueux, sur lequel on travaille depuis plusieurs mois maintenant. Le monde entier attend notre vaccin donc a tout mis en place pour que tout se passe de la meilleure des façons.

On a installé dans chaque conteneur un traceur qui va nous permettre en temps réel et en continu de savoir où sont nos doses et à quelle température elles sont de façon à garantir la qualité de notre produit. - David Lepoittevin, Pfizer France

Comment ces doses vont-elles être acheminées ?

Pour schématiser, nous avons un gros contenant dans lequel on trouve des sortes de boîtes à pizza. Dans chaque boîte, vous allez avoir 195 flacons et dans chaque flacon, cinq doses de vaccin. Ils vont partir de l'usine - en Belgique - pour arriver en France. Notre objectif, c'est d'assurer la qualité et la conservation optimale de notre vaccin. C'est pour cela qu'on va le transporter à des températures assez basses.

Il ne faut pas qu'il y ait de variation de température. On a installé dans chaque conteneur un traceur qui va nous permettre en temps réel et en continu de savoir où sont nos doses et à quelle température elles sont de façon à garantir la qualité de notre produit. 

Des températures aussi froides pour un vaccin, c'est une première pour Pfizer mais, encore une fois, cela avait été anticipé, on le savait depuis le départ. Tout a été mis en place, pour rendre les choses le plus facile possible en termes de logistique.

Comment le laboratoire Pfizer/bioNtech a-t-il fait pour mettre au point et produire un vaccin aussi vite ? 

On est allé très vite car on a beaucoup investi dès le départ. Dans le développement classique d'un vaccin, les étapes se font en séquences car on attend, pour commencer une étape, que la précédente soit terminée. Là on a commencé toutes ces étapes en parallèle. On a pris le risque que les premières étapes ne soit pas validées mais ça nous permettait d'aller plus vite. 

Aussi, on a décidé, dès le départ, d'aller sur quatre candidats-vaccins et donc de multiplier les chances d'arriver au bout avec succès dans la mise à disposition d'un vaccin efficace, sûr et bien toléré.

Derrière ce vaccin, il y a des années de recherches sur l'ARN messager. C'est vrai que c'est un vaccin innovant mais c'est une technologie qui est développée depuis de très nombreuses années par beaucoup d'équipes de recherche. Aujourd'hui, on bénéficie de tout ce temps passé derrière la paillasse.

Douleur au point d'injection, maux de tête ou fatigue sont les principaux effets secondaires répertoriés à ce jour. - David Lepoittevin, Pfizer France

Est-ce que des mutations, comme on en observe en Grande-Bretagne, peuvent rendre le virus moins efficace ? 

Si l'on fait référence aux mutations identifiées en Angleterre, il n'y a aucune raison que notre vaccin ne soit pas efficace. Le vaccin a été validé par les autorités européennes hier et encore aujourd'hui. Par rapport au covid, on sait qu'il peut muter - donc changer à une fréquence donnée. Toute la problématique est de surveiller ces mutations et d'assurer que systématiquement notre vaccin reste efficace contre les petites modifications qui peuvent arriver sur le virus. 

S'il y avait une mutation trop importante - qui fasse que le vaccin n'est plus efficace face à cette mutation - alors il faudrait reprendre la séquence du nouveau virus, et relancer un processus de recherche qui pourrait être très rapide. Certains chercheurs ont déclaré qu'on pourrait développer en six semaines un vaccin efficace sur une mutation qui nécessiterait de revoir les choses. 

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Avez-vous eu des surprises sur les effets secondaires pour les  personnes déjà vaccinées ?

La vaccination a commencé depuis plusieurs jours, quelques centaines de milliers de patients ont déjà été vaccinés. Suite à ces vaccinations, il y a des signaux qui émergent et ces signaux on les surveille. Ça fait partie des processus de pharmacovigilance. Il est important, et Pfizer s'engage avec les autorités de santé locales, à surveiller en continu l'évolution des réactions au vaccin. 

Pour le moment, toutes les données qu'on a confirment celles qui avait été analysées dans le cadre des effets de phase trois et donc qui prouvaient que la plupart des effets secondaires liés au vaccin sont assez communs avec pas mal d'autres vaccins. On est sur une douleur au point d'injection, maux de tête ou fatigue. Ce sont les principaux effets secondaires répertoriés à ce jour. 

Concernant la pharmacovigilance (activité consistant à enregistrer et évaluer les effets secondaires), on met en place un système avec les autorités françaises, avec une fréquence plus importante de surveillance des relevés. C'est quelque chose qui doit être extrêmement rassurant pour toute la population française. 

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