Nouvelle fronde contre le Gardasil

Nouvelle fronde contre le Gardasil

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Alors que des scientifiques viennent de publier une pétition contre le Gardasil, destiné à protéger contre le cancer du col de l'utérus, 25 nouvelles plaintes de patientes vont être déposées en France d'ici fin avril dans ce dossier. Le vaccin est une nouvelle fois accusé d'entraîner des effets indésirables graves.

L'offensive continue. Après la première plainte au pénal déposée en novembre 2013 par Marie-Océane Bourguignon et les neuf autres qui ont suivi, vingt-cinq nouvelles plaintes vont être déposées d'ici à la fin du mois, selon l'avocat Me Jean-Christophe Coubris. Ces dernières seront déposées contre le fabricant, le laboratoire Sanofi et l'agence du médicament ANSM au tribunal de grande instance de Paris. Plusieurs motifs sont évoqués, dont des "blessures involontaires".

"Le point commun entre toutes ces affaires est le délai très court entre l'injection du Gardasil et les premiers symptômes de la maladie", a-t-il indiqué. Le Gardasil protège contre quatre souches du papillomavirus humain, responsables d'un peu plus de 70 % des cancers du col de l'utérus. Avec 3 000 nouveaux cas et 1 100 décès en 2012, ce cancer se classe au 11e rang des cancers chez les femmes. Depuis 2007, un autre vaccin, le Cervarix de GlaxoSmithKline (GSK) est disponible.

"Le frottis est plus efficace"

En France, sa commercialisation suscite la méfiance des patients car il est suspecté d'entraîner de graves maladies comme la sclérose en plaque. D'autres plaignantes le relient à leur cas de lupus, d'encéphalomyélites (inflammations du système nerveux central) et de myofasciites à macrophages (des douleurs musculaires et une fatigue chronique). Du côté des médecins, certains remettent en cause son efficacité relative et son coût exorbitant : 123 euros la dose, soit 370,32 euros pour les 3 injections nécessaires.

Actuellement, une pétition signée par plus de 500 médecins réclame une mission parlementaire sur le sujet. Leur argument : les effets préventifs du Gardasil sur le cancer du col de l'utérus restent à démontrer. Alors que Sanofi Pasteur MSD évoque un taux d'efficacité de 97 %, le Haut conseil de santé public (HCSP) l'estime à moins de 20 %. "Le frottis est plus efficace pour dépister ce type de cancer", estime la députée européenne Michèle Rivasi, l'une des principales détractrices du vaccin.

Plus de bénéfices que de risques ?

Ces nombreuses polémiques ont amené l'ANSM a demandé un "suivi national renforcé de pharmacovigilance". Mais les recommandations de vaccination n'ont pas changé. Quand bien même le Gardasil produit des effets secondaires, la balance bénéfice/risque demeure positive : selon son dernier point effectué en novembre, 435 cas d'effets indésirables graves dont 135 maladies auto-immunes incluant 15 cas de sclérose en plaque ont été notifiés en France sur cinq millions de doses injectées depuis 2006.

L'attitude est la même dans la plupart des pays, à l’exception du Japon qui a décidé de ne plus recommander ce vaccin l'an dernier. Toutes les autorités sanitaires recommandent toutefois de combiner la vaccination avec un frottis pour une meilleure efficacité. En France, la polémique n'est pas près de retomber puisque lors de la présentation du troisième plan cancer, François Hollande a fait part de son objectif de doubler, dans les cinq ans, le taux de couverture vaccinale contre le cancer du col de l'utérus.

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