Nouvelle polémique autour de l'expérimentation sur des chiens : PETA "se trompe de cible", répond l'AFM-Téléthon

Nouvelle polémique autour de l'expérimentation sur des chiens : PETA "se trompe de cible", répond l'AFM-Téléthon
Santé

EXPÉRIMENTATION ANIMALE - À quelques jours du lancement du Téléthon, l'association de protection animale PETA a manifesté devant l'école vétérinaire de Maisons-Alfort dans laquelle sont pratiqués des tests cliniques sur des chiens. L'Association française contre les myopathies rappelle que ces tests sont très encadrés et permettent de grandes avancées dans les thérapies géniques.

Ce mercredi après-midi, une dizaine de militants de l'association PETA (Pour une éthique dans le traitement des animaux) ont manifesté devant l'École vétérinaire de Maisons-Alfort (Enva). Masques de chiens sur la tête, ils dénonçaient des tests cliniques réalisés sur des canidés et financés par l'Association française contre les myopathies (AFM).

"Nous dénonçons le manque de transparence de l'AFM-Téléthon. Avant de faire un don, les citoyens ont le droit de savoir à quoi il servira et s'il financera des essais sans animaux ou avec", a indiqué Joanna Trouchaud, porte-parole de l'association PETA, à nos confrères du Figaro. Une attaque réalisée à quelques jours du lancement de la collectes de dons du Téléthon.

Ces accusations ne sont pas une première. En 2017, l'association avait mené une campagne, dénonçant des expériences menées sur des animaux, dont des chiens. Une myopathe témoignait face caméra : "Je n'ai pas demandé à ce que des animaux souffrent pour moi". En 2016, PETA avait frappé encore plus fort en diffusant des images, tournées dans le laboratoire de neurobiologie de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA).

Des images qui restent d'actualité pour Marie-Morgane Jeanneau, porte-parole de PETA France. "Des chiots sont délibérément élevés pour souffrir de dystrophie musculaire et la vidéo montre des chiens qui peinent à marcher, à déglutir et même à respirer, indique-t-elle. Nous réitérons notre appel à l'AFM-Téléthon à cesser de financer ces tests sordides pour soutenir la recherche sans animaux à la place." Ces images "montrent le calvaire vécu par ces animaux, ajoute l'association. On y voit notamment un chien dont la gueule est couverte de vomi et un autre qui bave car les muscles de sa mâchoire sont en train de lâcher."

"On se trompe de cible", souffle Serge Braun, directeur scientifique à l'AFM-Téléthon. Il souligne tout d'abord que ces expérimentations sont évidemment très encadrées. Chaque projet doit obtenir une autorisation des autorités et l'aval d'un comité d'éthique. La législation impose que les procédures expérimentales "revêtent un caractère de stricte nécessité et ne peuvent pas être remplacées par d'autres méthodes expérimentales n'impliquant pas l'utilisation d'animaux vivants susceptibles d'apporter le même niveau d'information". Autrement dit, l'autorisation n'est délivrée qu'en dernier recours.

Ici la question ne se pose même pas : l'expérimentation animale est obligatoire pour évaluer un traitement destiné à l'humain, aux yeux de la loi. "Cela est vrai pour n'importe quel médicament, même quand il vise uniquement à soigner un mal de tête", nous explique M. Braun. 

Enfin, une équipe médicale veille au bien-être des animaux : "La douleur est proscrite en ce qu'elle n'est pas supportable pour nous, vétérinaires. Elle affecterait même la qualité des résultats", souligne Christophe Degueurce, directeur général à l'Enva. Les animaux sont donc "médiqués" (Sous médication, ndlr) quand il y a souffrance potentielle et euthanasiés si nécessaire." 

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 Contrairement aux accusations de PETA, "les premiers chiens utilisés sont nés avec cette maladie, c’est pour cela qu’ils ont une faiblesse de la mâchoire et de l’ensemble du système musculaire, note Alexandre Méjat, membre de la direction scientifique de l’AFM-Téléthon, dans les colonnes du Figaro. La mutation est apparue spontanément et est similaire à la myopathie de Duchenne développée par les humains. Ensuite, de nouveaux chiots atteints de cette maladie sont nés par reproduction naturelle. Leur nombre est extrêmement limité. Habituellement, cela concerne une dizaine d’individus pour un produit de thérapie génique testé." 

Une "poignée d'animaux", selon Serge Braun, à comparer aux milliers de chiens utilisés en laboratoire en 2017 (5050 selon nos calculs).  Au total, près de deux millions d'animaux (principalement des rongeurs) ont servi en laboratoire, cette même année, selon le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Mais la plus grosse erreur des défenseurs des animaux, reste la remise en cause de l'efficacité de telles expérimentations, soulignent les membres de l'AFM-Téléthon. "Il s'agit de recherches déterminantes, confie Serge Braun. Des avancées ont pu être réalisées, grâce à des tests sur des chiens, en ce qui concerne la dystrophie musculaire de Duchenne, mais aussi la myopathie myotubulaire. "Des essais cliniques ont été réalisés ensuite sur des enfants, qui ont pu commencer à marcher. Cela n'aurait jamais été possible sans ces études." Ce directeur scientifique a lui aussi une vidéo qu'il aime diffuser : "Quand je vais dans les écoles, je montre aux enfants les animaux malades et les effets des traitements, et ils explosent de joie".  

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