On a trouvé l'enzyme responsable de la mauvaise odeur sous les aisselles

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Santé

ÉTUDE - Des scientifiques d'une université canadienne auraient trouvé l'origine de l'odeur corporelle provenant des aisselles. Une découverte qui ouvre la voie à la fabrication de déodorants plus efficaces.

Pourquoi les dessous-de-bras rejettent-ils une odeur, que nous essayons de compenser avec des déodorants ? Dans une étude publiée au sein de la revue scientifique Nature ce lundi, des chercheurs de l'université de York, au Canada, se sont penchés sur la question. Selon eux, "l'odeur corporelle humaine est produite par la transformation bactérienne de molécules" qui sont "sécrétées à la surface de la peau par les glandes apocrines." Ce sont ces glandes qui permettent au corps de produire de la sueur.

Selon les scientifiques, "les glandes apocrines s'ouvrent dans les follicules pileux", c'est-à-dire les zones qui contiennent les poils, "et se produisent généralement à haute densité sur des sites corporels spécifiques", tels que les aisselles, les mamelons et les organes génitaux externes. Mais ce ne sont pas ces glandes qui sont directement liées aux odeurs corporelles désagréables, appelées thioalcools.

Vers des déodorants actifs plus longtemps ?

En effet, le processus est plus complexe. Ces glandes libèrent un composé, appelé Cys-Gly-3M3SH, qui est ensuite consommé par des bactéries placées sous la peau, nommées Staphylococcus hominis. Lors de la consommation, ces bactéries produisent des thioalcools, responsables des mauvaises odeurs corporelles. "Les bactéries absorbent la molécule et en mangent une partie, mais crachent le restent", explique au Guardian Gavin Thomas, microbiologiste et chercheur principal de l'étude. "C'est l'une des molécules clés que nous reconnaissons comme une odeur corporelle."

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Pour comprendre la raison, les scientifiques ont analysé les Staphylococcus hominis, et ont découvert une enzyme, qui convertit le Cys-Gly-3M3SH en thioalcool. Pour être certain de cette découverte, les chercheurs ont transféré l'enzyme responsable des mauvaises odeurs dans une autre bactérie, habituellement non liée aux odeurs, et ont affirmé sentir à nouveau de mauvaises odeurs. "Juste en déplaçant" l'enzyme, "nous avons obtenu des odeurs corporelles", confirme Gavin Thomas.

Ces travaux ouvrent désormais la voie à de nouveaux déodorants, plus ciblés vers les bactéries responsables des mauvaises odeurs. Si les déodorants ont "une approche plus ciblée qui élimine sélectivement les Staphylococcus hominis", alors leur efficacité pourrait être plus longue, assure le chercheur.

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