Orages : le calvaire des allergiques aux pollens

Orages : le calvaire des allergiques aux pollens

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SANTÉ - La série d'orages qui s'abattent depuis plusieurs semaines sur la France a aussi des conséquences sur notre santé. Et notamment pour les personnes sensibles aux pollens. Explications avec l'allergologue Marie-Laure Mégret Gabeaud.

La situation météorologique reste très instable en ce début de semaine : Météo France a encore étendu son alerte, en raison des risques d'orages violents et d’inondations. Si ces épisodes de fortes pluies engendrent beaucoup de dégâts matériels, ils peuvent aussi toucher notre santé. L'allergologue Marie-Laure Mégret Gabeaud nous explique pourquoi les orages peuvent créer des conditions favorables aux allergies, voire aux crises d’asthme.

Essoufflements, difficultés à respirer et quintes de toux

La première condition aggravante est le changement de pression atmosphérique : “L’orage est généralement accompagné de vents, donc de froid et d’humidité. Ces simples facteurs météo ont tendance à irriter les bronches, qui rétrécissent, provoquant une bronchoconstriction, autrement dit de l’asthme.” Les symptômes sont nombreux et diffèrent selon les personnes, mais les plus reconnaissables sont des essoufflements, des difficultés à respirer et des quintes de toux", indique à LCI Marie-Laure Mégret Gabeau.

 

“Le problème devient double quand un orage se produit à la saison de propagation des pollens”, comme actuellement. Les symptômes des personnes allergiques - yeux rouges, nez qui coule, éternuements - sont plus fréquents, plus violents. Alors : “le typique rhume des foins, ou rhinite allergique, peut à son tour se transformer en asthme.”

Comment les orages peuvent aggraver une allergie au pollen

Tout d’abord car la montée des températures précédant les orages favorisent la prolifération des pollens, qui atteignent un pic dans ces périodes alternant forte chaleur et pluies diluviennes. Ensuite, “car la pluie et l'humidité alourdissent l’air : les pollens transportés par les vents se déplacent beaucoup plus près du sol, ce qui facilite leur respiration et multiplie les cas d’allergies. J’ai d’ailleurs eu plus de consultations ces dernières semaines que d’habitude”, précise encore la médecin.

“Enfin, les fortes pluies balayent les pollens et les éclatent au sol, ce qui les défragmente en petites particules allergéniques, qui ne peuvent plus être arrêtées par les cils et les muqueuses nasales. En allant beaucoup plus loin dans les voies respiratoires, elles atteignent alors les bronches, où le contact avec l'allergène déclenche une crise d’asthme.”

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Qui est concerné et comment s’en prémunir

“Si cela peut déclencher des crises plus violentes qu’à l’accoutumée chez les allergiques et les asthmatiques, ces conditions extrêmes ne peuvent pas créer une allergie, mais simplement la révéler. Si les symptômes se déclenchent chez quelqu’un qui ne se savait pas sujet à ce genre de problèmes, il lui faut se rapprocher d’un allergologue, qui fera des tests et pourra alors prodiguer les médicaments nécessaires.” En attendant d’avoir le traitement adéquat, il faut éviter de sortir juste après l’orage, lorsque le pollen au sol sèche et s’envole à nouveau. Parce que cela induit une augmentation de la fréquence respiratoire, “le meilleur conseil est d’éviter de faire des efforts”. Une bonne excuse pour zapper la gym jusqu’au retour des beaux jours.

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