Paludisme : découverte d'une molécule qui protège contre le parasite

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SANTE - Des chercheurs américains ont découvert une protéine déclenchant la production d'anticorps capables d'empêcher la multiplication des parasites responsables du paludisme dans les globules rouges. Une avancée qui pourrait venir en aide aux médecins cherchant à élaborer un vaccin contre cette maladie.

Avec plus de 600 000 morts par an, le paludisme est l'une des maladies infectieuses les plus dangereuses au monde . Si elle est guérissable avec un traitement adéquat, il n’existe en revanche aucun vaccin pour limiter les risques de transmission du parasite alors que la moitié de la population mondiale y est exposée. De nombreux scientifiques travaillent sur des vaccins expérimentaux, mais aucun d'entre eux n'est encore homologué car les résultats définitifs des essais cliniques se font attendre. Mais récemment, des chercheurs ont fait une découverte qui pourrait accélérer cet objectif.

Des membres de l'Institut National des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) ont découvert l'existence d'une protéine, appelée PfSEA-1, capable de déclencher la production d'anticorps spécifiques. Ces derniers bloquent, à l'intérieur des globules rouges, les parasites transmis par des moustiques et les empêchent de se multiplier. Pour la trouver, ils ont analysé des échantillons de sang provenant d'enfants tanzaniens de deux ans car les populations vivant dans les zones où le paludisme est endémique développent naturellement des réponses immunitaires protectrices.

Un "booster" de vaccin ?

Après des analyses génétiques et une série de tests en laboratoire, les chercheurs ont pu identifier la protéine en question. Ils ont alors de nouveau examiné des échantillons sanguins provenant, cette fois, de 453 enfants tanzaniens. Les résultats n'ont révélé aucun cas de paludisme grave lorsque leur sang avait des niveaux détectables d'anticorps PfSEA-1. Le même test a été mené auprès de 138 garçons et hommes vivant au Kenya, une autre zone endémique, et il s'avère que ceux avec des traces détectables de cet anticorps avaient des niveaux de parasite 50 % plus faibles.

Enfin, des essais menés sur souris vaccinées avec cette protéine, puis exposées à la maladie, ont montré une baisse considérable des niveaux de parasites dans leur sang. A terme, les chercheurs expliquent dans la revue Science qu'elle serait un apport essentiel au nombre très limité de molécules actuellement utilisées dans les recherches contre cette maladie. Car la forte réaction immunitaire qu'elle induit permettrait de développer un vaccin préventif dont l'efficacité serait telle qu'il protégerait contre les formes les plus mortelles de cette maladie, que l'on trouve principalement en Afrique subsaharienne.

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