Paludisme : une éradication possible… avec les investissements adéquats

Paludisme : une éradication possible… avec les investissements adéquats

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SANTE - Investir dans l’avenir et vaincre le paludisme, tel est le mot d'ordre de la Journée mondiale contre cette maladie instaurée par l'OMS qui veut rappeler que la prévention et la lutte dans le but de l'éradiquer nécessitent un investissement sur la durée et un engagement politique sans cesse renouvelé.

Des progrès énormes, mais pas assez considérables pour éradiquer la maladie . Voilà où en est la lutte contre le paludisme, l'un des principaux objectifs de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui lui dédie une Journée mondiale. Également appelé malaria, le paludisme est causé par des parasites transmis par des piqûres de moustiques infectés du genre Anopheles. Cette maladie est pourtant évitable, tant les mesures de lutte et de prévention permettent de réduire de façon spectaculaire sa prévalence.

"On estime que les efforts mondiaux pour combattre et éliminer le paludisme ont permis de sauver 3,3 millions de vies depuis 2000, en réduisant les taux de mortalité de 42 % au niveau mondial et 49 % en Afrique, explique l'OMS. Un engagement politique accru et un financement élargi ont contribué à réduire son incidence de 25 % au niveau mondial et de 31 % en Afrique". De plus, 50 pays sont en voie de réduire les taux d'incidence du paludisme de 75 % d'ici 2015, selon l'association Roll Back Malaria (RBM).

"Il faut d’urgence trouver des fonds supplémentaires"

Ces dernières années, l’élimination a été officiellement certifiée dans 4 pays, à savoir les Émirats arabes unis (2007), le Maroc (2010), le Turkménistan (2010) et l’Arménie (2011). "Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, le paludisme était présent dans la quasi-totalité des pays du monde. Grâce à des investissements massifs, principalement ces vingt dernières années, il a disparu dans plus de 90 pays, et 25 autres sont sur le point d'y parvenir", explique l'association. Des résultats qui font espérer une possible éradication dans les années à venir.

Mais le combat n’est pas encore gagné car le paludisme tue encore 627 000 personnes chaque année. En 2013, sa transmission se poursuivait dans 97 pays, dont en Grèce pour la première fois en quarante ans. "On dénombre chaque année plus de 200 millions de cas, dont la plupart n’ont pas fait l’objet de tests. L’apparition d’une résistance aux insecticides et aux médicaments menace les acquis récents, ajoute l'OMS. Si l’on veut maintenir et accélérer ces progrès, il faut d’urgence trouver des fonds supplémentaires".

Prévention, lutte et recherche


Les investissements financiers et politiques permettent aux populations à risque de bénéficier d'un traitement et de moyens de prévention. Ces derniers passent par des gestes simples comme le fait de dormir sous une moustiquaire imprégnée d'insecticides, de porter des chemises à manches longues, des pantalons et d’appliquer des produits répulsifs. Mais ces mesures ne sont pas facilement applicables quand les populations les plus touchées sont majoritairement celles qui sont le plus démunies.

Outre la prévention de la maladie, les fonds permettent "d'investir dans la recherche et le développement de nouveaux outils pour aider à accélérer la lutte, et garder une longueur d'avance par rapport à l'émergence de la résistance aux médicaments et aux insecticides actuels", souligne le RBM. L'espoir réside également dans l'élaboration d'un vaccin homologué. Un tel traitement expérimental est actuellement en cours d'évaluation dans le cadre d’un vaste essai clinique dans sept pays d’Afrique et ses résultats définitifs sont attendus fin 2014.

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