Papillomavirus : l'OMS recommande deux doses de vaccin, la France le fait déjà

Papillomavirus : l'OMS recommande deux doses de vaccin, la France le fait déjà

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VACCINATION – Pour lutter contre le cancer du col de l'utérus, l'OMS préconise dorénavant deux injections du vaccin contre le papillomavirus chez les jeunes filles de 9 à 13 ans. Bonne nouvelle : en France, c'est déjà (presque) le cas.

Chaque année, le cancer du col de l'utérus tue 1000 femmes par an en France. La stratégie de prévention de ces cancers repose sur deux moyens complémentaires  : le dépistage par frottis à partir de 25 ans et la vaccination des jeunes filles contre les infections à papillomavirus humain (HPV). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise désormais deux injections, contre trois auparavant, chez les jeunes filles de 9 à 13 ans.

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HPV 16 et 18

La vaccination en deux doses, suffisante pour susciter une production d'anticorps aux HPV du vaccin, a l'avantage de réduire les coûts mais aussi d'améliorer la couverture vaccinale, qui tourne en France autour de 30% : "Il est plus simple d'arriver à deux doses qu'à trois. Car, plus on avance dans les doses, plus on assiste toujours à un effritement de la vaccination", souligne le gynécologue Joseph Monsonego, interrogé par metronews. Ainsi, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a noté que 37% des jeunes filles de 16 ans avaient abandonné la vaccination en cours de route en 2013.

Ces recommandations de l'OMS ne font que valider le schéma vaccinal français. "Cela fait un an que la vaccination à deux doses est actée", souligne à metronews le docteur Daniel Floret. En France, il existe en effet deux vaccins permettant de prévenir près de deux tiers des infections à HPV  :
le Gardasil®, un vaccin quadrivalent, qui protège contre les papillomavirus 6 et 11, responsables des verrues génitales, et les papillomavirus 16 et 18, responsables de près de 70% des cancers du col (55% des cas pour le HPV16 et 12% des cas pour le HPV18) et de la moitié des lésions précancéreuses.
le Cervarix®, un vaccin bivalent, qui protège contre les HPV 16 et 18.

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Calendrier vaccinal

Et la vaccination est recommandée chez les jeunes filles de 11 à 13 ans (11 à 14 pour le Cervarix®), avec un rattrapage limité à l’âge de 19 ans révolus (voir encadré). Pourquoi 11 ans ? Tout simplement parce que cela correspond au calendrier vaccinal , signale Daniel Floret, le référent du Comité technique des vaccinations du HCSP. C'est l'âge du rappel pour les vaccins DTP et coqueluche . Autant faire tous les vaccins en même temps.

Et la France n'a pas attendu l'OMS pour penser à une vaccination dès 9 ans. Le HCSP a ainsi évoqué un "abaissement de 11 ans à 9 ans" pour permettre une meilleure offre vaccinale en milieu scolaire. Cela règlerait le problème d'accès financier au vaccin ( 123,44 euros la dose pour le Gardasil®, 111,52 euros pour le Cervarix® , pris en charge à 65% par la Sécurité sociale). "Si on vaccine dans les écoles, ce serait gratuit, il n'y aurait pas d'avances de frais", appuie Daniel Floret. Autre avantage (non négligeable) de la vaccination à 9 ans : "Dissocier le vaccin de la problématique de la sexualité. Car dans la tête des parents, faire vacciner sa fille, c'est avoir accepté qu'elle ait des rapports sexuels."

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