Papillomavirus : vers un nouveau vaccin plus efficace contre le cancer du col de l’utérus

Santé

PRÉVENTION – Entre crainte et méfiance, les Françaises boudent la vaccination contre le cancer du col de l’utérus. Pourtant, une prévention améliorée pourrait réduire le nombre de décès causé par le papillomavirus humain.

En 2015, 1.092 femmes sont décédées suite à un cancer du col de l’utérus. La même année, 2.797 nouveaux cas ont été découverts. Ce cancer reste le 12ème le plus fréquent chez les femmes. Pourtant, cette maladie est considérée comme évitable grâce au vaccin et au dépistage. Mais, les patientes restent méfiantes à l’égard de cette vaccination. Une situation dénoncée par les spécialistes. La Société française de pathologies cervico-vaginales (SFCPCV), réunie à l’occasion du 40ème congrès national, estime que la France affiche un retard en terme de prévention du papillomavirus humain (HPV). Ces spécialistes dénoncent "une situation très préoccupante".

Comme le rappelle l’Institut national du cancer, cette vaccination est recommandée pour les filles âgées de 11 à 14 ans. Un rattrapage est possible jusqu’à 19 ans. A savoir que la vaccination est plus efficace sur les jeunes filles qui n’ont pas été exposées au risque d’infection par le HPV. La vaccination représente une prévention complémentaire au dépistage par frottis, recommandé tous les trois ans entre 25 et 65 ans. Ce vaccin vise à prévenir les lésions précancéreuses du col utérin.

Un nouveau vaccin à l'automne

Entre 2013 et 2014, une trentaine de plaintes ont été déposées contre le laboratoire Sanofi Pasteur MD. Le vaccin souffre dorénavant d'une mauvaise réputation. Face à la défiance des Françaises, les spécialistes veulent provoquer une prise de conscience sur l’importance de la vaccination. En France, le taux de vaccination peine à atteindre 15% alors qu’il est de 85% au Royaume-Uni et de 90% en Finlande. En 2010, le taux en France était de 27%.

En conséquence, la SFCPCV a annoncé au Parisien l’arrivée à l’automne d’un nouveau vaccin : le Gardasil 9. "Il s'agit d'une version améliorée et plus efficace du premier Gardasil, commercialisé il y a dix ans", décrit le quotidien. Il existe déjà sur le marché australien, américain et allemand.

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A cette faiblesse du dépistage s’ajoute également une tendance au surtraitement. Selon la SFCPCV, citée par Allodocteurs, un tiers des 25.000 conisations réalisées sont considérées comme "excessives et sans contrôle de qualité". La conisation désigne l’intervention chirurgicale qui consiste à enlever une partie du col de l’utérus. Par ailleurs, les experts s'insurgent aussi contre les ablations de l'utérus. Près de la moitié des 3 500 hystérectomies ne seraient pas justifiées.

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