Malgré le Covid, les écoles d’infirmiers ont toujours la cote

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FORMATION - Depuis que les instituts en soins infirmiers ne sélectionnent plus sur concours, ils sont la filière la plus demandée sur Parcoursup. Et cette année encore : l’épidémie de Covid-19 n'a pas eu raison des vocations des jeunes de travailler dans le soin.

Alors que les vœux formulés par les lycéens viennent tout juste de se clore sur Parcoursup, il apparait que le diplôme infirmier est toujours le plus convoité. Et ce pour la troisième année consécutive, depuis que les 330 instituts français en soins infirmiers (IFSI) ne sélectionnent plus sur concours mais par dossier, via la plateforme de vœux commune à diverses formations de l’enseignement supérieur. 

Les demandes d’inscriptions seraient même légèrement en hausse comparée à l’an dernier, où 9,4% des lycéens inscrits avaient postulé à un, ou plusieurs, IFSI. Au printemps 2020, 612.000 vœux avaient été comptabilisés au total… pour 31.000 places.  

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Covid-19 : déjà un an de pandémie...

"La vocation du ministère est d’ouvrir 4000 places supplémentaires pour la rentrée 2021", nous indique Thomas Hostettler, secrétaire général de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) et à terme, "de dépasser les 100.000 étudiants en soins infirmiers", tous niveaux confondus. Aujourd’hui, ils sont 95.000 partout en France à suivre une formation pour devenir infirmier. 

Or, beaucoup d’entre eux ont été mis à rude épreuve depuis le début de cette épidémie en étant appelés en renfort dans les hôpitaux. En novembre dernier, plus de 70% des établissements de santé interrogés par la Fédération hospitalière de France (FHF) déclaraient s’appuyer sur la mobilisation des étudiants en santé plutôt que sur les jeunes retraités ou la réserve sanitaire. Et alors que la crise sanitaire dure, de nombreuses écoles ont craint que la filière ne soit désertée.

La crainte d'une désertion des rangs

"La peur du Covid peut être un frein pour s’inscrire", concède-t-on à l’IFSI de l’hôpital de Coulommiers, en Seine-et-Marne, où le nombre de demandes était déjà en baisse au printemps 2020. "On s’attendait à une baisse des inscriptions à cause de l’épidémie", confie Francine Lemoine, directrice de l’IFSI de l’hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine). "Les soignants ont été mis à l’honneur sur la première vague avec un engouement particulier. Résultat, l’année dernière, on a eu plus de candidats que d’habitude. Un an après, les soignants ne sont plus vraiment applaudis, tout le monde en a marre et on a pensé que les jeunes, en écoutant les informations, soient démotivés par les difficultés du métier." 

Dans cette école qui accueille une soixantaine d’étudiants par promotion, la crise a toutefois pu révéler les compétences de chacun, souligne la directrice : "On constate pour nos étudiants de première année qu’ils sont extrêmement agiles, ils ont développé une grande adaptabilité qu’ils n’auraient peut-être pas eue sans cette épidémie. Ils se sont retrouvés en stage, parachutés dans quelque chose que personne n’avait prévu".

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Si les élèves de 2e année ont fait preuve d’un engagement allant au-delà des attentes de l’administration, une étudiante n’a pu supporter le poids de la crise et a quitté la formation. Elle n’est pas seule dans ce cas. "En Ile-de-France, les arrêts de formation ont été énormes en deuxième année", confirme Thomas Hostettler, citant le cas d’un IFSI ayant perdu 40 élèves en 2020 sur une promotion de 130. Mais la relève est assurée, selon le secrétaire général, lui-même en troisième année de soins infirmiers. "À l’inverse, beaucoup de lycéens nous ont contactés pour intégrer la formation, avec une réelle envie de découvrir le métier. Quand on y réfléchit, la profession n’a jamais été aussi mise en avant qu’aujourd’hui. Avec une mauvaise publicité certes, mais qui a permis de parler des métiers du soin."

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