Paris et Marseille classés en "zones actives" de circulation du virus : qu'est-ce que cela change ?

Paris et Marseille classés en "zones actives" de circulation du virus : qu'est-ce que cela change ?
Santé

DECRYPTAGE - Le Premier ministre a décidé, par décret, de classer la ville de Paris ainsi que tout le département des Bouches-du-Rhône comme zone de "circulation active du virus". Les préfets pourront prendre des mesures d'exception, comme l'interdiction de circulation ou la fermeture des lieux publics. Explications.

La ville de Paris et le département des Bouches-du-Rhône sont désormais considérés comme zone de "circulation active du virus" à la suite de la décision du Premier ministre prise par un décret du 13 août. Une décision motivée par la dégradation des indicateurs sanitaires, ces derniers laissant craindre une reprise de l'épidémie de coronavirus. Des pouvoirs plus larges sont ainsi donnés aux préfets pour lutter contre l'épidémie. Parmi eux, la possibilité de fermer des lieux publics ou de restreindre  la circulation. 

Jérôme Salomon a partagé son inquiétude pour ces deux territoires. "Il y a beaucoup de flux de population, beaucoup de transport, beaucoup de personnes jeunes qui ont une activité sociale intense", a expliqué ce vendredi matin le Directeur général de la Santé (DGS) au micro de France inter. Pour rappel, ces deux territoires concentrent près de 4,2 millions d'habitants, soit plus de 6% de la population française.

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Le niveau d'alerte atteint pour plusieurs indicateurs

La décision du Premier ministre a donc été motivée par la dégradation des indicateurs ces derniers jours. Dans les Bouches-du-Rhône, le taux d'incidence est de 47 (vigilance orange) et le taux de reproduction effectif est de 1,8 (vigilance rouge). Le taux de reproduction, ou R0, permet notamment de vérifier le nombre de personnes contaminées par un malade au coronavirus. S'il est supérieur à 1, cela signifie que le virus circule puisque le malade transmettra le virus à au moins une autre personne. Autre signe : 285 patients sont hospitalisés pour le Covid-19. Certes, c'est loin du pic de 1.181 personnes du mois d'avril. Mais ce chiffre se stabilise depuis mi-juillet. Un ralentissement dans la baisse du nombre de patients qui fait craindre un retour de l'épidémie aux autorités sanitaires. 

Inquiétude similaire à Paris où le taux d'incidence est de 62 pour 100.000 personnes, ce qui place la capitale en vigilance rouge maximale. Santé Publique France précise toutefois que "ce taux inclut les dépistages aux aéroports de Roissy et Orly dont les voyageurs dépistés à l’arrivée sont actuellement imputés au département 75 en l’absence d’adresse connue de ces personnes". Ainsi, l’incidence à Paris, hors tests aux aéroports, est estimée à 46,2 pour 100.000 Parisiens, ce qui place toute même la capitale en vigilance orange. Le taux de reproduction effectif, qui est de 1,4, montre pour sa part que le virus circule activement. 289 personnes sont également hospitalisées pour le coronavirus, dont 38 placées en réanimation. 

Fermeture de lieux publics et restriction des déplacements

Le décret du Premier ministre accorde aux préfets de plus larges prérogatives. Les représentants de l'Etat pourront notamment "réglementer l'ouverture au public (...) d'une ou de plusieurs catégories d'établissements recevant du public ainsi que des lieux de réunion". Marchés, restaurants, cafés, musées, salles de spectacles, cinémas, etc., tous les lieux publics sont potentiellement concernés par une décision de fermeture ou une restriction d'accès.  

Les déplacements pourraient également être contraints. Les préfets de Paris et des Bouches-du-Rhône ont en effet désormais la capacité d'"interdire la circulation des personnes et des véhicules, ainsi que l'accès aux moyens de transport collectif et les conditions de leur usage", des mesures comparables à celles appliquées durant le confinement. Les déplacements "strictement indispensables aux besoins familiaux, professionnels et de santé" seraient toutefois autorisés. 

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Contactées par LCI, les mairies de Paris et de Marseille nous indiquent être toujours dans l'attente des futures décisions de leur préfet respectif, avec qui elles entretiennent des liens réguliers dans la lutte contre l'épidémie. De son côté, Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, "avait été informée par le ministre de la Santé", nous indique-t-on. L'élue demande d'ailleurs la généralisation du port du masque pour "l'ensemble l’espace public marseillais". Un souhait que pourrait réaliser le préfet du département. Cette piste est également envisagée dans la capitale.

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