Passagers venus du Brésil : la France était-elle la dernière à ne pas décider de restrictions ?

La pression s'est accentuée pour réclamer des mesures.

RETARD - La suspension des vols en provenance du Brésil intervient tardivement au yeux de certains médecins, qui réclamaient des mesures. La France était en effet l'un des rares pays en Europe à ne pas décider de restrictions spécifiques.

Ce mardi après-midi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la suspension "jusqu'à nouvel ordre" de tous les vols entre le Brésil et la France. Une décision motivée avant tout par la prolifération de variants très contagieux de l'autre côté de l'Atlantique et qui doit contribuer à éviter leur développement sur le sol français. 

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Attendue, l'annonce du Premier ministre fait suite à des prises de position très marquées de médecins ces derniers jours. Ils jugeaient en effet imprudent de ne pas imposer de mesures plus strictes pour les passagers en provenance du Brésil, et l'ont, pour certains, fait savoir sur les réseaux sociaux. Dans un tweet, le président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP Rémi Salomon avait notamment assuré, répondant à la fin de non-recevoir du ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari, que le test "PCR à J-1 ou le jour du vol" ne suffisait pas, appelant à davantage de fermeté. Si la France a changé son approche, on constate toutefois que nos voisins européens avaient été plus prompts à décider de mesures spécifiques.

Des restrictions massives

Plusieurs options se présentaient pour la France. Ne rien changer à ses protocoles tout d'abord, en continuant à exiger un test PCR de moins de 28 heures, comme pour toute personne atterrissant depuis l'étranger. Une solution de facilité qui aurait contribué à faire de la France un cas à part en Europe, puisque les pays voisins ont tous pris des mesures spécifiques pour les vols en provenance du Brésil.

Au Royaume-Uni, le Brésil a été placé sur une liste rouge. Conséquence directe : les voyageurs qui en viennent ne peuvent entrer sur le territoire, tandis que les ressortissant britanniques de retour sur leur sol se voient imposer une quarantaine stricte à l'hôtel. Situation similaire aux Pays-Bas, qui ont décidé de refuser l'accès aux voyageurs ayant foulé le sol brésilien. La quasi-totalité des pays du continent sud-américain sont d'ailleurs concernés par des mesures identiques. 

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Les Néerlandais ne sont ne sont pas les seuls à afficher cette fermeté puisque le Portugal n'autorise que la circulation de passagers rapatriés ou dans le cadre de convois humanitaires. Cela rappelle la position de l'Argentine, pays voisin du Brésil et qui a pris des dispositions identiques. Quiconque souhaiterait se rendre en Italie depuis une ville brésilienne serait également bloqué, nos voisins transalpins refusant les passagers qui ont séjourné au Brésil durant les 14 derniers jours. Une position toute aussi inflexible que celle de l'Allemagne, où une liste des pays touchés par les variants est tenue à jour. Elle n'autorise personne en provenance des territoires concernés, à des rares exceptions.

A minima une quarantaine

À défaut de décider l'interruption totale des liaisons, Jean Castex aurait aussi pu se ranger derrière les protocoles appliqués depuis parfois plusieurs semaines par certains pays européens. L'Espagne, notamment, n'a pas bloqué l'afflux des voyageurs, mais requiert une période de quarantaine à leur arrivée. Une décision récemment prolongée jusqu'au 19 avril minimum. Une fois cloitré chez eux, seuls de très rares déplacements sont tolérés par les autorités, pour se nourrir notamment. 

Quarantaine en vigueur également en Suisse, d'une durée de dix jours et similaire à celle décrétée en Autriche. Parfois, la quarantaine imposée n'est que d'une semaine, comme c'est le cas en Grèce. Citons enfin la Belgique, où la fermeté est de mise. Les voyageurs qui débarquent sont se voient imposer de passer un test PCR dans les 24 heures après leur arrivée lorsqu'ils viennent d'une zone rouge et y ont passé plus de 48 heures. Ce test est suivi d'une quarantaine de sept jours, ainsi que d'un autre test PCR après une semaine d'isolement. Ce dernier doit être négatif pour que la quarantaine soit rompue. Ces règles sont encore renforcées si vous êtes en provenance du Royaume-Uni, de l'Afrique du Sud ou d'Amérique du Sud : la durée de quarantaine passe à 10 jours et un test PCR est à réaliser le premier et le septième jour.

De manière générale, on observait jusqu'à présent des mesures plus sévères chez nos voisins que dans l'Hexagone en ce qui concerne les vols venant du Brésil. Les annonces de Jean Castex contribuent ainsi à aligner davantage la position française sur celles des autres pays européens. Pour conclure, rappelons que selon les dernières données partagées par Santé Publique France, les variants sud-africains et brésiliens tant redoutés correspondraient à environ 4% des cas à l'échelle du territoire. 

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