Pénurie de masques de protection : quand Roselyne Bachelot était accusée d'en faire trop

Pénurie de masques de protection : quand Roselyne Bachelot était accusée d'en faire trop
Santé

MISE AU POINT - L'ancienne ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy estimait qu'il était important de s'approvisionner en stocks de masques de protection... Et pourtant, dix ans après, les stocks étaient au plus bas lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé l’Hexagone.

Les stocks des masques de protection en France étaient au plus bas lorsque la pandémie a émergé sur le territoire. Et pour cause, depuis 2010, ils ne sont plus renouvelés. Interrogée sur TF1 ce dimanche 22 mars, Roselyne Bachelot avance une hypothèse. Pour celle qui était ministre de la Santé, cette erreur stratégique s'explique par la "peur d'en faire trop" qui règne depuis l'épidémie H1N1.

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Car, alors que le ministre de la Santé actuel, Olivier Véran, en a promis 250 millions, la France comptait avant près d'un milliard de masques de protections dans ses stocks.  La bascule s'est faite en 2010. L'épisode du H1N1 et les doses de vaccins inutiles sont passés par là. Installant durablement dans les esprits l'idée que le gouvernement en avait trop fait. En janvier 2010, devant une commission parlementaire, la ministre de la Santé de l'époque est vivement critiquée pour sa gestion de la crise sanitaire, accusée d'avoir surévalué le danger. Alors que Michel Issindou député PS de l'Isère, lui reproche notamment de faire du "gaspillage" de l'argent public, elle répond : "Les masques sont un stock de précaution, qui est destiné à toute sorte de pandémie." Et rappelle qu'il ne faut pas attendre le dernier moment pour les reconstituer. Un avertissement qui sonne désormais comme un oiseau de mauvais augure. 

Mais rien n'y fait. Car stocker coûte des millions d'euros. Le changement de doctrine est donc acté en 2013, par le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale. Chaque structure qui emploie du personnel de santé doit maintenant stocker elle-même ses propres masques. Et en cas de crise ou de pénurie, il est prévu que la France se tourne vers... la Chine.

Dès 2015, les réserves sont donc divisées par deux, avant d'être au plus bas en 2020, lors de l'apparition du Covid-19. Une situation inquiétante, que la ministre de la Santé dit avoir vu venir. En quittant le ministère de la Santé, elle savait qu'à la prochaine épidémie, "on ne sera pas prêt". "On se dira de surtout ne pas en faire trop", témoigne-t-elle à notre micro. Avant de conclure, fataliste : "Et c'est sans doute ce qu'il s'est passé."

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