Pénurie de médicaments : les malades de Parkinson et leurs médecins ne veulent plus "se contenter des miettes"

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CRI D'ALARME - Un mois après qu'une mission sénatoriale ait partagé ses recommandations pour faire face à la recrudescence de produits médicamenteux signalés en rupture de stock, le Collectif Parkinson publie ce lundi avec le soutien des neurologues, une tribune pour appeler l'Etat à réagir.

"C’est un cri, c’est une alerte, c’est un appel pour non-assistance à personnes en danger." Près d'un mois après que le Sénat ait présenté ses pistes pour limiter l'importante pénurie de médicaments d'utilisation courante en France, le collectif Parkinson lance ce lundi une tribune avec le soutien de médecins. "Faut-il se résoudre à admettre que 200 000 malades de Parkinson français sont trop peu nombreux pour peser sur les choix stratégiques de l’industrie pharmaceutique ou des distributeurs de médicament ?", interpelle ainsi le collectif qui regroupe sept associations de malades.


"Les personnes atteintes par la maladie de Parkinson doivent trop fréquemment faire face à des discontinuités répétées dans leurs parcours de soins et de santé. Elles subissent en plus depuis quelques mois des ruptures graves dans l’approvisionnement de médicaments qui leur sont indispensables et dont ils ne peuvent pas se passer", peut-on lire ce lundi dans le texte dévoilé par Le Parisien. En première ligne dans le cas de la maladie dégénérative du système nerveux ? Le Sinemet, médicament de base dans le traitement de la pathologie et dans certaines formes de syndromes parkinsoniens atypiques comme l’atrophie multisystématisée (dite AMS).

"Un plan d’action urgent du gouvernement"

D'après les patients et médecins qui appellent l'Etat à réagir, les malades doivent actuellement "se contenter des miettes que les laboratoires veulent bien accorder. Ou encore se contenter de suivre les recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui les oriente vers des médicaments plus ou moins équivalents dont les stocks sont eux-mêmes insuffisants pour compenser dans la durée les ruptures d’approvisionnement."


Et de poursuivre : "Il est plus que temps de donner leur plein effet aux textes législatifs et réglementaires qui établissent une liste de médicaments dits d’intérêt majeur et qui, à ce titre, doivent bénéficier de mesures permettant une disponibilité régulière." Si le collectif Parkinson se réjouit qu'une mission d'information sénatoriale a rendu début octobre ses conclusions pour endiguer cette multiplication de problèmes d’approvisionnement ou de ruptures de stock, il réclame par ailleurs "un plan d’action urgent du gouvernement, intégrant une action également européenne".


Pour rappel, en 2017, plus de 500 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock, soit 30% de plus qu’en 2016 notamment pour les médicaments anti-cancéreux, les médicaments pour lutter contre la maladie de Parkinson, et les vaccins. Une pénurie qui s'accentue donc de plus en plus depuis dix ans et qui concerne toutes les classes de médicaments. 

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