Perte de l'odorat liée au Covid-19 : on commence à comprendre les raisons de ce phénomène

La perte d’odorat (ou anosmie) peut figurer au nombre des premiers symptômes du Covid-19.
Santé

PANDÉMIE - La perte d'odorat figure parmi les les symptômes de la maladie causée par le Covid-19. Des chercheurs américains apportent un début d'explication quant à l'apparition de ce signe clinique dont la cause restait encore totalement inexpliquée.

En Chine, où a commencé la pandémie de nouveau coronavirus, un étrange symptôme est d’abord passé inaperçu. Puis, à mesure que la maladie s'est répandue à travers le monde, les témoignages des patients se sont accumulés. Le 20 mars, des ORL et des infectiologues français ont alerté sur une flambée de pertes d’odorat, en Europe, potentiellement liées à la maladie, sans pouvoir toutefois en expliquer la raison. Les symptômes disparaissaient généralement au bout d’une à deux semaines plus tard, voire après plusieurs semaines chez certains patients.

Une équipe d’ORL américains dont les travaux sont relayés par le site The Conversation pourrait avoir découvert un début d’explication quant à l’origine de ce symptôme. En passant au crible la littérature scientifique faisant mention de troubles olfactifs (ou anosmie) en lien avec le Covid-19, ces chercheurs de l'université d'Irvine (Californie) et du Medical Center de Chicago (Illinois) ont d'abord remarqué que les patients ne faisaient pas état d'un nez bouché. En temps normal, la perte d’odorat est due à une infection par un virus, qui s’attaque aux voies respiratoires supérieures ou aux sinus. Les voies nasales étant obstrués, l'odorat disparaît. Mais pas pour le Covid-19. 

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En s'appuyant sur des scanners du nez et des sinus de patients touchés par ce symptôme, l'équipe de chercheurs a constaté que la fente olfactive, la partie responsable de la perception des odeurs, était bloquée par un gonflement de tissus ainsi que par du mucus. Si cela n'entrave en rien la respiration du patient, elle l'empêche cependant de percevoir les odeurs, expliquent l'équipe américaine, dont les travaux sont parus en mai dernier dans la revue scientifique Sage Journals.

Le Covid-19 ne ciblerait pas les neurones olfactifs, les récepteurs qui permettent de reconnaître les odeurs, mais s'attaquerait en fait aux cellules qui supportent ces neurones, leur causant des dommages durant l'infection. En conséquence, la réponse immunitaire du patient provoquerait alors un œdème empêchant les molécules aromatiques de rejoindre leurs récepteurs, bloquant de fait l'odorat, comme l'explique l'article de The Conversation. Ce gonflement régresserait après la disparition du virus, permettant un retour à la normale de la perception des odeurs.

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Quant à la question de la persistance de la perte d'odorat chez certains patients, les chercheurs estiment que cela pourrait être dû à une inflammation sévère, réponse de l'organisme aux dommages, qui produirait en grande quantité des substances chimiques pour lutter contre le virus mais qui détruirait dans le même temps d'autres tissus. Plus la réponse immunitaire est forte, plus les cellules seraient endommagées. Le retour de l’odorat serait donc retardé, le temps que ces neurones olfactifs se régénèrent. Cette explication demeure pour le moment théorique, soulignent les auteurs de l'étude.

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