Perturbateurs endocriniens : comment est-on contaminé ?

Santé

PROPAGATION - A l'origine de nombreuses maladies, les perturbateurs endocriniens préoccupent les autorités sanitaires, alors que les pays de l'UE se réunissent, ce mardi, pour leur donner une définition.

Cancer du sein, du vagin, développement altéré... on ne compte plus les anormalités qui découlent de l'exposition à un perturbateur endocrinien. Alors que les pays membres de l'UE se penchent sur une définition de ce poison, et que l'ONG Générations futures publient une étude sur la contamination subie par 7 personnalités écologistes, focus sur la façon dont il se propage.

Comment est-on contaminé ?

La contamination peut se faire en les inhalant (parfums, peinture, revêtement...), en les avalant (aliments et boissons), ou par simple contact avec la peau (gels douches, déodorants, crèmes solaires...). Tout le monde est concerné.  "Mais certains seraient plus sensibles que d'autres aux perturbateurs endocriniens en fonction de leur bagage génétique",  souligne le docteur Jean Lefevre, porte-parole de l'association Santé Environnement France. "Par ailleurs, ce n'est pas la dose d'exposition qui fait le poison mais bien la période d'exposition". Ainsi, il y a un public à risque : les femmes enceintes et les jeunes enfants jusqu’à la puberté.  

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Un effet transgénérationnel

Et pour ne rien arranger, les pathologies, que ce public à risque est susceptible de développer, peuvent "apparaître plusieurs décennies plus tard, voire sauter plusieurs générations". L’exemple le plus criant de ce phénomène est celui du Distilbène, ce puissant oestrogène de synthèse (qui a des particularités proche du Bisphénol A) avait été prescrit à fortes doses entre 1948 et 1976 aux femmes enceintes présentant des risques de fausses couches. Résultat : "les femmes dont les mères s’en étaient vues donner pendant leur grossesse se sont avérées particulièrement sujettes au cancer du vagin, à diverses malformations de l’appareil reproducteur, à des grossesses anormales et à des modifications de la réponse immunitaire", raconte Jean Lefevre. 

Autre argument frappant, celui rapporté par André Cicolella, président du Réseau Environnement Santé, issu d'une étude réalisée en 2015 par l'école de santé publique de Berkeley aux Etats-Unis. "Elle a mis au jour que les femmes exposées au DDT (un pesticide vedette dans les années 50/60 aujourd'hui interdit) pendant leur grossesse avaient des filles qui, une fois arrivées à la cinquantaine, développait quatre fois plus de cancer du sein que le reste de la population".

"Il faut savoir qu’une grande partie des cancers du sein que l’on voit actuellement date de l’exposition au DDT : + 500.000 chaque année dans le monde", dénonce André Cicolella. "C’est le même chiffre que pour le Sida, on peut donc véritablement parler de pandémie, même si beaucoup ne veulent pas utiliser ce terme".

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