Pharmacie, cabinet médical, vaccinodrome... Où les Français pourront-ils se faire vacciner ?

Ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a donné les détails des derniers développements de la stratégie sanitaire du gouvernement, avec les calendriers de la nouvelle campagne de vaccination qui sera gratuite pour tous.

PROJECTION - En détaillant jeudi le plan de vaccination de la population française contre le Sars-Cov-2 , Jean Castex a présenté les médecins généralistes comme "au cœur du dispositif". Mais vaccineront-ils directement dans leurs cabinets ? Qui sinon pourra le faire et où ?

La stratégie de vaccination contre le Covid-19 enfin détaillée aux Français, il est plus que temps pour eux de se projeter. Même si tous ne seront pas concernés à même échéance. Trois phases ont en effet été présentées ce jeudi par Jean-Castex, priorité étant donnée aux publics les plus fragiles dès que les doses vaccinales seront disponibles. Ça n'est qu'à compter du printemps que la vaccination sera ouverte à toute les personnes âgées de plus de 18 ans. 

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Le monde commence à se vacciner contre le Covid-19

 200 millions de doses sont prévues pour vacciner jusqu'à 100 millions de personnes car il faudra compter deux injections à quelques semaines d'intervalle, a précisé Jean Castex. Très concrètement, "des bons seront édités, soit par l’Etat soit par l’assurance maladie pour les personnes éligibles prioritairement, en accord avec les recommandations de la Haute Autorité de Santé", détaillait il y a quelques jours à France 3 Régions, Laurent Filoche, pharmacien et président de l'Union des groupements de pharmaciens d'officine (UDGPO), qui représente plus de 3000 pharmacies. Mais ensuite, où ira-t-on se faire vacciner ?

Un rôle central pour les médecins généralistes

Les médecins généralistes auront un rôle central dans cette stratégie de vaccination, a confirmé ce jeudi le Premier ministre. "Il est souhaitable que le médecin généraliste soit au cœur du dispositif et en particulier le médecin traitant”, a-t-il assuré. "Nous allons nous appuyer fortement sur les médecins" a de son côté insisté le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui les rencontre ce vendredi pour évoquer leur implication plus en détail. Alors que de nombreuses interrogations demeurent, les principaux intéressés eux-mêmes attendent des précisions. Vaccineront-ils les patients directement dans leur cabinet ? Joueront-ils un rôle d’intermédiaire dans le cas où les patients seraient vacciner ailleurs ?  "Sur un plan pratique, il est difficile de savoir exactement la place qui sera la nôtre, puisqu’on n’a pas tous les détails concernant la distribution, le mode de conservation et l’administration des différents vaccins", rappelle à Yahoo.fr Jean-Louis Bensoussan, médecin généraliste et secrétaire générale du syndicat MG France. 

Pour rappel, sur le plan logistique, le vaccin BioNTech-Pfizer impose une conservation à -70 degrés. Or, à ce jour, il semble qu'aucun médecin généraliste en France ne dispose de tels systèmes de réfrigération. "Comme le mode de conservation de ces vaccins est très pointu, il faudra que les personnes qui viennent les chercher se fassent vacciner tout de suite. On n’imagine pas un patient venir chercher un vaccin à la pharmacie, le prendre dans une poche de froid et puis l’oublier pendant une demi-journée à température ambiante", pointe encore Laurent Filoche, pharmacien et président de l'Union des groupements de pharmaciens d'officine (UDGPO). Et de poursuivre : "Là, effectivement, il y a de fortes chances que le vaccin ne soit plus stable et donc n’ait plus aucune efficacité".

S'agissant du rôle central octroyé aux médecins généralistes dans cette campagne de vaccination, nul doute que celui-ci reposera, avant tout sur la nécessité d'informer, sans doute plus prégnante que d'ordinaire, face à une maladie nouvelle et un vaccin développé en moins d’un an.

Les médecins du travail habilités

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Indépendamment des questions pratiques qui entourent la conservation, les médecins du travail seront autorisés à vacciner, à plus ou moins courte échéance, et ce au même titre que les médecins généralistes. Le gouvernement a en effet autorisé mercredi par ordonnance les services de santé au travail à participer jusqu'au au 16 avril 2021 à la vaccination, en plus du dépistage, dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19. 

Aucune précision des modalités n'a en revanche été apportée à ce stade.

Quid des pharmacies et des "vaccinodrome"?

Les professionnels de santé libéraux doivent se voir confier "la responsabilité de l’organisation" de la vaccination contre le Covid-19 "au niveau local, en lien avec les collectivités territoriales", estime le président du syndicat de médecins généralistes MG France, dans un entretien au Journal du dimanche. De leurs côtés, les pharmaciens militent eux aussi pour une campagne de vaccination élargie à leur profession mais aussi aux infirmiers libéraux, entre autres. "Cela pourra se faire en pharmacie, nous l'espérons, chez son médecin ou peut-être dans un "vaccinodrome". Pour l’instant rien n'est encore décidé", confiait encore cette semaine Laurent Filoche, pharmacien et président de l'Union des groupements de pharmaciens d'officine (UDGPO), qui représente plus de 3000 pharmacies. Pour rappel, à ce jour, les pharmaciens sont habilités à vacciner uniquement contre la grippe saisonnière. 

S'agissant des "vaccinodromes", de nombreux professionnels de santé appellent à  tirer les leçons de la grippe de 2009, alors que les images des gymnases reconvertis en centres de vaccination, désespérément vides, sont restées dans les esprits. Pour rappel, à l'époque, moins de 8,5% de la population, sur les 75% espérés, s'étaient fait vacciner contre la grippe H1N1 - un virus qui ciblait particulièrement les publics jeunes, dont les enfants - dans le cadre de cette campagne évaluée à plus de 600 millions d'euros. Outre la faible mobilisation dans la population, la création de centres de vaccination ad hoc, sans passer dans un premier temps par les cabinets de médecins et d'infirmiers libéraux, avait été pointée du doigt pour expliquer l'échec de cette tentative de vaccination de masse. 

Fin novembre, Anne Hidalgo avait annoncé lors d'une réunion avec les maires d'arrondissement avoir identifié cinq sites potentiels qui pourraient accueillir plusieurs centres de vaccination contre le coronavirus. Objectif ? Vacciner 30 à 40% de la population parisienne - dont les personnes prioritaires - dès le mois de janvier 2021, une fois le vaccin sur le marché. Ailleurs, comme à Toulouse et La Rochelle, d'autres centres de vaccination se tiennent prêts.

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