Pharmacie en ligne : deux fois plus de Français tentés malgré d'énormes réticences

Pharmacie en ligne : deux fois plus de Français tentés malgré d'énormes réticences

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SANTE - Si les Français sont plus nombreux que l'an dernier à se dire prêts à acheter leurs médicaments en ligne, ils ne sont que 4 % à avoir franchi le pas, selon un sondage Ifop.

Un an après son lancement, la vente en ligne de médicaments ne trouve pas preneur. D'après un sondage PHR/IFOP mené par le groupe PHR (11 % des pharmacies en France) ce nouveau mode d'achat reste encore très marginal chez les patients, qui préfèrent toujours recourir aux conseils d'un pharmacien. Car si les Français sont plus nombreux que l'an dernier à se dire prêts à acheter leurs médicaments en ligne, ils ne sont que 4 % à avoir franchi le pas, selon un sondage Ifop.

Plus précisément, 30 % des Français se disent prêts à se procurer des médicaments par ce biais, contre 13 % en 2012. Mais seuls 4 % des sondés ont véritablement tenté l’expérience. "J'y vois trois principales raisons, dont la première est la peur de tomber sur des produits contrefaits. Il y a aussi les prix qui ne sont pas différents de ceux pratiqués en officine et puis la disponibilité : quand un patient veut un médicament il le veut tout de suite", explique à metronews Lucien Bennatan, président du groupe PHR.

Les médicaments, mais sans le pharmacien

L’intérêt croissant des Français pour la vente en ligne de médicaments s’inscrit dans la tendance de l’augmentation de l’automédication. 54 % des personnes interrogées déclarent y avoir recours mais avec l'aide d'un pharmacien : la moitié des personnes interrogées lui font valider leurs achats. L’un des principaux freins à l’achat de médicaments en ligne reste donc l’absence du conseil. "La vente en ligne attire un nombre croissant de Français, mais elle n’est pas sans susciter une certaine défiance", explique l'étude.

En France, l'autorisation de la vente en ligne de médicament s'est accompagnée d'un décret encadrant strictement cette nouvelle pratique : seuls les 4 000 médicaments délivrés sans ordonnance peuvent être achetés en ligne et les sites doivent être adossés à une pharmacie physique existante. De plus, avant de se lancer dans l’e-commerce, les pharmacies doivent recevoir l'aval de l’Agence régionale de santé (ARS) dont elles dépendent et de l'Ordre national des pharmaciens.

"On est loin de l'engouement que cela pouvait susciter"

Mais avant même que la vente en ligne de médicaments ne fête son premier anniversaire, l'Ordre a épinglé une dizaine de sites illégaux basés à l'étranger et n’ayant pas obtenu la moindre autorisation."A force de dire que le médicament n'est pas un produit anodin, les Français ont pris conscience que ce n'est pas un marché comme un autre, encore moins sur Internet. On est loin de l'engouement que cela pouvait susciter, il faut laisser du temps aux consommateurs avant d'établir un véritable bilan", ajoute Lucien Bennatan.

D'autant que les officines physiques comme en ligne devront faire face à de la sérieuse concurrence : le projet de loi sur la consommation introduit en grande surface les tests de grossesse et l'Autorité de la concurrence souhaite que la vente des médicaments sans ordonnance y soit autorisée. "Si on veut que cela marche, il faut élargir la gamme de produits disponibles en ligne et ne pas limiter leur vente aux pharmaciens d'officine. C'est un risque à prendre", conclut Lucien Bennatan

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