Pharmacies en ligne : "la France possède l'un des marchés les plus fiables d'Europe"

Santé

SANTE - Interpol a annoncé la saisie de 9,4 millions de médicaments contrefaits en vente sur des sites Internet. Un événement qui peut susciter l'inquiétude des consommateurs quant à la vente de médicaments en ligne, autorisée depuis peu en France. Réponse avec Nicolas Metairie, fondateur de Pharmarket.com, premier réseau français de vente en ligne de médicaments.

La saisie d'Interpol montre qu'il y a des risques en achetant des médicaments sur Internet. Où se situe la France par rapport aux autres pays en matière de sécurité dans ce domaine ?
Il n'y a pas de raison de s'inquiéter car la France possède l'un des circuits de distribution les plus sécurisés et les plus fiables d'Europe et ce quel que soit le lieu de l'achat, en officine ou sur Internet. En revanche, les consommateurs ne sont pas assez bien informés sur le risque d'acheter des médicaments contrefaits sur des sites qui s'avèrent être illégaux. Si on achète des chaussures contrefaites, le seul risque est qu'elles ne tiennent pas longtemps mais pour un médicament il faut redoubler de prudence.

Parmi les médicaments mis en vente sur Internet, quels sont ceux les plus susceptibles de faire l’objet d’une contrefaçon ?
Il s'agit principalement de médicaments qu'on ne peut pas se procurer sans ordonnance. L'Organisation mondiale de la santé en a fait une liste et évoque en premier lieu des traitements contre les troubles de l'érection, contre l'obésité ou des produits dopants. Ce sont des produits pour lesquels on peut ressentir une gêne à consulter un médecin, ce qui explique pourquoi ils s'achètent souvent sur Internet.

Comment ne pas prendre de risque si l'on veut acheter des médicaments sur Internet ?
Ce qu'il faut savoir c'est que la distribution de ce commerce est réservée aux pharmacies physiques. Et même dans ce cas précis, les pharmaciens ne peuvent pas se lancer sur Internet du jour au lendemain car il faut que leur site soit agréé par leur Agence régionale de santé. Mais tout le monde peut s'assurer que la plateforme sur laquelle on veut acheter des médicaments est bien affiliée à une officine en consultant une liste publiée sur le site du ministère des Affaires sociales et sur le site de l'Ordre des pharmaciens.

Des études ont déjà montré que les Français sont plutôt réticents aux pharmacies en ligne . Ce type d’annonce est-il de nature à provoquer la fin de ce commerce ?
Je ne pense pas car l'opportunité d'acheter des médicaments sur Internet est nouvelle. Le décret autorisant les pharmacies en ligne a à peine plus d'un an. Par ailleurs, les mentalités évoluent vite. Un sondage mené par notre groupe montre que 35 % de nos consommateurs souhaitent que le procédé soit élargi aux prescriptions médicales obligatoires. Une fois que les utilisateurs auront compris qu'il n'y a aucun danger ils se tourneront plus facilement vers ce type de vente.

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