Phtalates : femme enceinte exposée, baisse du QI du bébé

PLASTIQUE – Pendant la grossesse, l'exposition à des perturbateurs endocriniens n'est pas sans conséquences sur le développement cérébral du fœtus.

La présence de phtalates, ces perturbateurs endocriniens, est interdite dans les jouets pour enfants depuis 2006 . La raison : son potentiel danger pour la santé des tout-petits. Sauf qu'on retrouve ces substances toxiques dans nombre de produits de consommation courante, comme les emballages alimentaires ou les produits cosmétiques, qui exposent précocement les fœtus à travers leur mère. Et ce n'est pas sans conséquences. Ainsi, une étude publiée dans la revue PlosOne souligne que l'exposition des femmes enceintes aux phtalates est corrélée à une baisse significative du QI de leur enfant.

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QI, compréhension, mémoire et raisonnement affectés

Les chercheurs ont mesuré le taux de phtalates contenus dans l'urine de 328 mères pendant le troisième trimestre de grossesse (environ trente-quatre semaines). Or, comme le signale l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), de nombreuses études ont démontré que la concentration en phtalates dans l'urine maternelle était le meilleur marqueur pour évaluer l'exposition du fœtus et de la mère.

Ils ont ensuite fait passer un test de QI à leurs enfants à l'âge de 7 ans. Résultats : les enfants des 25% des mères dont le taux de di-n-butylphtalate (DnBP) et du di-iso-butylphtalate (DiBP) était le plus conséquent avaient respectivement 6,7 et 7,6 points de QI de moins que ceux des 25% des mères dont le taux urinaire de phtalates était le plus bas. La vitesse de compréhension, le raisonnement, la mémoire étaient également affectés. Hypothèse : les phtalates perturbent l'hormone thyroïdienne de la mère, laquelle joue un rôle dans le développement cérébral de l'enfant.

Pas de plastique au micro-ondes

La limite de l'étude, c'est que les phtalates ont une demi-vie d'environ douze heures, ce qui signifie qu'une mesure urinaire unique ne reflète pas une exposition à long terme. Impossible également de savoir à quel moment exact de la grossesse l'exposition aux phtalates va le plus influer sur le développement du fœtus. En revanche, cela permet d'insister sur les potentiels effets sur le long terme de ces perturbateurs endocriniens.

En attendant que les chercheurs mènent des études plus poussées, vous pouvez commencer à éviter d'être en contact avec les phtalates. La principale auteure de l'étude, Pam Factor-Litvak , interrogée par le Time , vous conseille par exemple de ne pas réchauffer votre repas au micro-ondes dans une boîte en plastique hermétique, d'éviter tout ce qui contient des parfums synthétiques ainsi que les plastiques numérotés 3 (PVC), 6 (polystyrène) et 7, un chiffre inscrit dans le triangle figurant sous l'objet. Prenez vos dispositions.

EN SAVOIR + >> 3 conseils pour se préserver des perturbateurs endocriniens

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