Pilule de 3e génération : mieux prescrite, elle pose moins de problèmes

Santé
DANGER – Le nombre d'embolies pulmonaires chez les femmes en âge de procréer a diminué de 11% en 2013. Notamment en raison d'un moindre usage des pilules contraceptives de 3e et 4e génération.

Moins de femmes sous pilules de 3e et 4e génération plus un retour à celles de premières générations égale une diminution des embolies pulmonaires . C'est l'équation bienheureuse révélée jeudi 6 novembre par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Déjà, en juin dernier, l'ANSM avait observé une diminution de 48% de la vente des contraceptifs oraux de 3e et 4e génération . Ainsi qu'une augmentation de 32% pour ceux de 1ère et 2e génération sur la période janvier 2013-avril 2014. Elle a ensuite voulu vérifier si cela entraînait une chute des embolies pulmonaires.

Risque plus élevé mais très faible

En effet, la pilule de 3e génération (un contraceptif œstroprogestatif qui contient comme progestatif du désogestrel , du gestodène ou du norgestimate ) double le risque d'embolie pulmonaire par rapport à celle de 2e génération (où le progestatif est le lévonorgestrel ou le norgestrel ). Sous pilule de 3e génération, ce risque passe de 25 à 50 personnes pour 100.000 par an, un risque qui reste très faible . Les progestatifs d'ancienne génération sont ainsi associés à un moindre risque thromboembolique.

Résultat : en 2013, 2704 femmes ont été hospitalisées pour embolie pulmonaire, contre 3045 en 2012, année où les pilules de 3e et 4e génération étaient davantage vendues. Ce qui correspond à une diminution de 11,2%. Cette baisse concerne surtout les plus jeunes, puisqu'elle est de 19,1% chez les 15-19 ans et de 12% chez les 20-29 ans. Cette diminution des hospitalisations pour embolie n'a pas été observée chez les femmes plus âgées ni chez les hommes.

Les gynécos peut-être plus attentifs

Mais cela ne vient pas que de la baisse du recours aux pilules de dernières générations, explique à metronews Olivier Graesslin, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) : "Le tsunami médiatique autour de la pilule de 3e génération a permis de se recentrer sur le dépistage des facteurs de risque individuels et familiaux."

En effet, avant de prescrire une pilule de 3e génération, les médecins doivent fouiller les antécédents familiaux et personnels. Des cas d'embolie pulmonaire ou de phlébite chez un membre de la famille doivent éveiller l'attention sur l'existence possible d'un trouble de la coagulation, comme la mutation du facteur V de Leyden , qui touche 1% de la population. "Peut-être que la sélection des patientes à qui la pilule de 3e génération peut convenir est meilleure. Elle peut être prescrite à de 'meilleures candidates'", évoque le professeur Graesslin.

Toujours dans l'arsenal contraceptif

Car il ne faudrait pas oublier que "la pilule est un médicament qui a de nombreux avantages, et pas seulement pour empêcher une grossesse". Ces bénéfices non contraceptifs sont variés : la pilule agit sur les céphalées, des problèmes cutanés comme l'hyperséborrhée (excès de sébum), l'acné, la dysménorrhée (règles douloureuses), les kystes aux ovaires, l'anémie et les saignements trop fréquents, les cancers de l'ovaire ou de l'endomètre...

Parmi l'arsenal contraceptif (stérilets au cuivre ou hormonaux, implants, pilules), "ces pilules restent des médicaments intéressants et efficaces. Il est donc important qu'elles soient encore disponibles. Au médecin de faire le choix avec la patiente du moyen le plus adapté. Une bonne consultation de contraception, ce n'est pas la prescription automatique de la pilule".

EN SAVOIR + >> Pilules contraceptives : plus d'un an après la polémique, quelles précautions d'emploi ?

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