Plus besoin de culpabiliser, la paresse serait génétique

Plus besoin de culpabiliser, la paresse serait génétique

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SPORT - Une récente étude américaine démontre que le manque de motivation sportive serait lié à une différence dans les gènes. Des travaux sur des rats montrent que les plus paresseux ont moins de neurones dans une zone précise du cerveau, associée à la récompense.

Les phobiques du sport peuvent maintenant se targuer d'une bonne excuse :  c'est dans leurs gènes . Telle est la conclusion d'une étude de chercheurs de l'université du Missouri. Ces derniers ont trouvé un potentiel lien entre une prédisposition génétique et la motivation ou plutôt un manque de motivation face à l'exercice physique après avoir mené des travaux scientifiques sur dix générations de rats. Leurs résultats viennent d'être publiés dans le dernier numéro du American Journal of Physiology .

Les chercheurs ont sélectionné une cinquantaine de rats. Ils les ont ensuite placés dans des cages avec roue tournante et ont mesuré pendant six jours le temps que passait chaque rongeur dessus. Certains étaient très actifs et d'autres, au contraire, faisaient preuve d'une extrême paresse . Ils ont fait en sorte que les 26 rats les plus flemmards s'accouplent, et ils ont répété l'opération pour les 26 les plus performants. L'opération a été réitérée sur dix générations.

Un développement neuronal différent

À la fin de cette période, les deux lignées ont été comparées. Il s'avère que la famille de rats paresseux courait dix fois moins que celle des rats actifs. Cette caractéristique s'appliquait à toutes les progénitures , peu importe l'environnement dans lequel ils grandissaient. Les chercheurs ont entrepris d'étudier étudié le cerveau des rats, en particulier une zone centrale appelée circuit de la récompense. C'est à cet endroit que les échanges d'informations sont les plus nombreux.

Ils ont alors constaté que certains gènes étaient différents chez les rats sportifs et chez les rats sédentaires. "Nous avons constaté une grande différence entre la quantité de molécules présentes dans les cerveaux des rats actifs par rapport aux cerveaux de rats paresseux. Ceci suggère que les rats actifs connaissaient un développement plus rapide des voies neuronales par rapport aux rats paresseux", commente Frank Booth, principal auteur de l'étude.

Or, ces gènes ont été identifiés comme pouvant jouer un rôle dans la motivation à faire, ou non, de l'exercice. Ce qui explique que les rats sportifs avaient une tendance innée à considérer l'effet produit par l'exercice physique comme une récompense. Mais cet héritage ne serait pas irréversible et définitif. Les chercheurs expliquent que le fait de faire du sport dès le plus jeune âge, lorsque le cerveau est en pleine croissance, favorise le développement de neurones.

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