Positive dans un laboratoire mais pas dans un autre : des photos utilisées à tort pour discréditer les tests

D'un jour à l'autre, la charge virale d'un patient varie, et les résultats peuvent également évoluer.

CONTAGIOSITÉ - Une patiente a réalisé deux tests PCR dans deux laboratoires différents à un jour d'intervalle. D'abord positive, elle a ensuite été déclarée négative. En ligne, ces résultats en apparence contradictoires sont utilisés pour décrédibiliser les tests. Des conclusions qui apparaissent hâtives.

Les résultats des tests RT-PCR rhino-pharyngés sont-ils vraiment fiables ? Nombreux sont les Français qui en doutent, n'hésitant pas à afficher leur méfiance quant à la politique de dépistage mise en place par les autorités sanitaires. Ces derniers jours sur Facebook, des internautes ont été nombreux à relayer une séries de photos pris par une habitante des Alpes-Maritimes. 

Sur ces clichés, elle montre les résultats de deux tests RT-PCR qu'elle dit avoir réalisés dans des laboratoires différents. Le premier indique qu'elle est positive au Covid-19, le second qu'elle est négative. Des résultats repartagés assez largement relayés, et parfois accompagnés de messages évoquant des "faux tests".

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Une charge virale en baisse

En apparence, ces résultats de tests semblent tout à fait authentiques. Il est important de noter que s'ils ont été réalisés sur la même personne, il ne l'ont pas été le même jour. Le premier est en effet daté du 6 novembre à 15h30, alors que le second est daté du 7 novembre à 11h13. Près d'une journée d'écart, ce qui n'est pas négligeable. En effet, les tests RT-PCR visent à rechercher des traces du virus dans l'organisme, une présence qui varie d'un individu à l'autre et qui diminue au fil du temps. Les autorités sanitaires sont d'ailleurs claires, et soulignent que les résultats d'un test sont valables à un instant T, d'où les demandes de tests très récents pour les voyageurs notamment. 

Dans le cas présent, il est tout à fait possible que cette dame ait effectué un premier test alors que sa contamination était assez ancienne. Les tests n'étant déclarés positifs que si une certaine charge virale est détectée dans l'organisme, il est possible qu'elle se soit trouvée proche de cette limite. Le lendemain, sa charge virale a pu continuer à baisser, passant en-dessous du seuil minimal qui la classe parmi les patients jugés contagieux, et donc qui se voient déclarés positifs. Ce cas de figure serait plutôt intéressant pour elle : le fait de ne plus être diagnostiqué positif alors qu'on l'a été quelques jours plus tôt signifie en effet que la charge virale a diminué, et avec elle la contagiosité.

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Si l'hypothèse d'une réduction de la charge virale d'un jour à l'autre semble très probable, un autre cas de figure doit être mentionné : celui d'une mauvaise manipulation. Selon Laurent Andreoletti,  professeur de virologie à la faculté de médecine de Reims et responsable d’une unité de diagnostic Covid-19, cité par Le Monde, "la fiabilité d’un test par voie nasale bien réalisé est de l’ordre de 80 à 90 %". Une méthode qui n'apparaît donc pas totalement infaillible. 

Le risque qu'un prélèvement trop superficiel ait été réalisé ou qu'un écouvillon n’ait pas pas été assez enfoncé peut exister, mais le président du Syndicat des biologistes, François Blanchecotte, se veut quant à lui assez rassurant. Il assure en effet que la sensibilité du test est de "98 % quand on prélève correctement".

En résumé : pour expliquer que ces deux tests effectués en deux jours puissent présenter des résultats différents, plusieurs hypothèses peuvent être avancées. Que ce soit une évolution de la charge virale dans l'organisme de cette dame ou une mauvaise manipulation, il apparaît abusif de remettre en cause la fiabilité des tests, éprouvée dès lors que les prélèvements sont réalisés correctement.

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