Pourquoi l'homéopathie est jugée "inefficace" : les 4 arguments des autorités de santé

Santé

INSUFFISANT - Comme le prônait la Haute autorité de santé, Agnès Buzyn a annoncé le déremboursement progressif de l'homéopathie par la Sécurité sociale car son efficacité n'est pas prouvée. Voici pourquoi.

 L'homéopathie ne sera bientôt plus remboursée par la Sécurité sociale. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l'a annoncé dans une interview au Parisien, précisant un déremboursement total en 2021. Il faut dire que son "efficacité" avait à nouveau été  jugée "insuffisante" fin juin par la Haute autorité de santé. "Au terme de la première évaluation scientifique française de ces  médicaments, la commission de la transparence rend un avis défavorable à leur prise en charge par l'assurance maladie", avait ainsi indiqué la HAS, selon laquelle ces produits ont "une efficacité insuffisante pour être proposés au remboursement".

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Les quatre arguments avancés par la haute autorité de santé

Sur quoi se base la HAS pour motiver son avis et parler "d'inefficacité" ?  Son argumentaire s'articule autour de plusieurs idées. Premièrement,  l'efficacité de l'homéopathie n'est prouvée par aucune étude. Deuxièmement, elle est souvent utilisée pour des "pathologies sans gravité ou qui guérissent  spontanément". Troisièmement, son impact sur la "qualité de vie" des usagers, argument souvent avancé par ses défenseurs, ne peut être évalué selon les données  actuelles. Quatrièmement, rien ne démontre qu'elle permet de "réduire la consommation  d'autres médicaments".

L'avis global de la commission concerne près de 1200 médicaments  homéopathiques. Elle s'est basée sur 37 études scientifiques (sélectionnées  parmi 1000 au départ) et les dossiers déposés par les trois laboratoires  concernés (les français Boiron - leader mondial - et Lehning et le Suisse  Weleda). Ces données portaient sur "24 affections et symptômes traités avec des  médicaments homéopathiques", dont l'anxiété, les verrues plantaires, l'asthme,  la gestion des effets indésirables des traitements anticancéreux ou la  suppression de la montée de lait chez les femmes après l'accouchement.

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Dans tous les cas, "soit les études ne montraient pas d'efficacité de l'homéopathie par rapport à un placebo", soit "elles pouvaient suggérer un intérêt de l'homéopathie mais n'étaient pas assez fiables" en raison de  problèmes de méthodologie, avait alors expliqué la chef du service évaluation des médicaments de la HAS, Mathilde Grande.La HAS avait en outre souligné que "le recours à l'homéopathie ne doit pas retarder la prescription des soins nécessaires à la prise en charge des  patients, en particulier pour les maladies graves et évolutives". Enfin, elle a rappelé "qu'une prescription médicamenteuse n'est pas toujours nécessaire" et qu'il faut "sortir de la culture du tout médicament", qu'ils soient conventionnels ou homéopathiques. 

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