Pourquoi le décès du patient greffé avec un cœur artificiel n'est pas un échec

Pourquoi le décès du patient greffé avec un cœur artificiel n'est pas un échec

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GREFFE - Le premier patient greffé avec un coeur artificiel est décédé lundi soir à Paris, a annoncé l'hôpital Georges-Pompidou. Loin d'être considéré comme un échec pour les chercheurs, ce premier test est perçu comme un espoir, alors que trois autres patients sont sur le point d'être greffés.

Il aura survécu 75 jours. L'annonce de la mort du premier patient greffé avec un cœur artificiel, lundi dans la soirée, a suscité l'émoi de la communauté scientifique. Réalisée le 18 décembre dernier, cette transplantation cardiaque unique au monde avait suscité l'enthousiasme des chercheurs, faisant naître un espoir pour toutes ces personnes atteintes de pathologies cardiaques incurables. C'était le cas de cet homme âgé de 76 ans, qui n'aurait survécu pas survécu aussi longtemps sans l'intervention.

Ce décès ne doit pas pour autant être considéré comme un revers scientifique : "Le patient a survécu deux mois et demi, c'est incontestablement positif. Cela prouve que sur le plan de la circulation du sang dans l'organisme, le cœur a assumé sa fonction. S'il n'avait pas fonctionné, le patient serait mort tout de suite", a expliqué à l'AFP le Pr Yves Juillière, président de la Société française de cardiologie (SFC). Interrogé par metronews, le Professeur Claude Le Feuvre, cardiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, tient le même discours, ajoutant que la technique est "forcément perfectible. Il y a des améliorations à apporter dans les prochains mois et les années à venir." D'ailleurs, trois autres patients vont bientôt être greffés.

"L'évolution normale de la médecine"

Michel Cymes, médecin et animateur de l'émission de France 5 le Magazine de la Santé, estime lui aussi que l'on ne peut pas parler d'échec : "C'est l'évolution normale des progrès de la médecine. Quand vous réalisez une première, il ne faut pas attendre des miracles", nous explique-t-il. Le 11 mars prochain, il présentera justement sur France 2 un documentaire intitulé "Aventures de médecine : au cœur de l'homme". Il reviendra sur l'histoire de la chirurgie cardiaque à travers les âges et rappellera que le premier greffé, opéré en Afrique du sud en 1967, n'avait survécu que 18 jours. A l'image du Professeur Le Feuvre, pour qui le cœur artificiel Carmat représente "un vrai espoir pour de nombreux patients", l'animateur-médecin reste très enthousiaste : "C'est probablement l'avenir de la médecine cardiaque".

La société Carmat a de son côté également réagi, précisant qu'elle ne prévoyait "pas de communiquer sur les résultats de l'étude tant que l'implantation et le suivi à 30 jours des quatre patients prévus ne seront pas finalisés". En attendant, elle a préféré suspendre, mardi, son titre à la Bourse de Paris.

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