Près de 100.000 cancers n'ont pas été détectés en 2020 à cause du Covid-19

Le président de la ligue contre le cancer Axel Khan alerte sur le nombre de détections en baisse en 2020.

DÉPISTAGE - Le généticien et président de la Ligue contre le cancer (LCC), Axel Kahn, a pointé du doigt les "conséquences considérables" de la crise du coronavirus sur les prises en charge des malades du cancer en 2020.

Le cancer reste la première cause de mortalité en France avec presque 200.000 décès chaque année et 400.000 nouveaux cas détectés. Emmanuel Macron souhaite ainsi une "génération sans tabac", annonce-t-il ce jeudi, pour ceux qui auront 20 ans en 2030 et promet des avertissements plus visibles contre l'excès d'alcool sur chaque bouteille, dans le cadre de sa présentation de la stratégie décennale contre le cancer.

Invité à cette occasion sur Europe 1, le généticien Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, a pointé les "conséquences considérables" que la crise du coronavirus aura selon lui sur la prise en charge des malades du cancer, dont beaucoup n'ont pas été dépistés en 2020. "Il y a eu un recul de 23% des diagnostics de cancers en 2020, ce qui veut dire que pratiquement 100.000 cancers n'ont pas été diagnostiqués", a-t-il affirmé. 

Selon lui, ce déficit de diagnostic, lié à la crise sanitaire, va entraîner la mort de "milliers de malades atteints de cancer" dans les cinq ans, dénonçant un fardeau "insupportable" pour les personnes concernées, dont les pathologies "n'ont pas pu être dépistés et traitées à temps".  "Les conséquences en termes de vies perdues sont considérables", prévient-il. 

Un constat que le président de la Ligue contre le cancer n'a cessé de marteler : "L'obstacle principal à un diagnostic et traitement précoce des cancers, C'EST LA COVID" a-t-il récemment écrit sur Twitter. 

Le dépistage, objectif prioritaire

Le généticien liste ainsi les chantiers prioritaires pour remédier à ce triste constat. Tout d'abord, le dépistage doit rester un objectif prioritaire, quoi qu'il arrive. "Plus un cancer est détecté tôt, plus il est guéri efficacement", affirme-t-il. Dans le cas de certaines campagnes de dépistage, comme la lutte du cancer du sein et celui du colorectal, un diagnostic précoce est "guéri dans l'immense majorité des cas", précise-t-il. Il suffit qu'il soit "pris très tôt pour être éradiqué", insiste-t-il. 

Suivies par environ 55-60% des Françaises, ces campagnes le sont "en général nettement mieux dans d'autres pays", déplore le président de la LCC.

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Le spécialiste fixe ensuite deux enjeux majeurs. D'abord la prévention, notamment des 160.000 cancers qui "dépendent de pratiques de la vie quotidienne", comme le tabac, l'alcool, la malbouffe ou l'obésité. Mais aussi la recherche, "pour les cancers les plus difficiles aujourd'hui à juguler, et aussi pour l'accompagnement des personnes malades afin qu'elles guérissent non seulement de leur cancer, mais également de cette maladie sociale, exclusion sociale qui accompagne souvent le cancer."

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