Psychiatrie : une journée de mobilisation pour réclamer davantage de moyens

Psychiatrie : une journée de mobilisation pour réclamer davantage de moyens

Santé
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GRÈVE - Médecins, infirmiers et autres personnels des établissements psychiatriques manifestent ce mardi à Paris pour réclamer davantage d'effectifs pour "des soins plus humains".

Alors que la France se drape peu à peu de blanc ce mardi, les personnels des établissements psychiatriques sont bien déterminés à affronter le froid. Dans la capitale, plusieurs syndicats du secteur mais aussi le collectif "Pinel en Lutte" - déjà à l'origine d'une grève à l'hôpital Philippe-Pinel d'Amiens - et "la Psychiatrie parisienne unifiée" ont appelé à un rassemblement place de la  République à 11H00, avant une marche en direction de l'Assemblée nationale.


Objectif, "alerter la population de la situation dramatique de la  psychiatrie publique". Une discipline que la ministre de la Santé Agnès Buzyn a elle même qualifiée de "parent pauvre de la médecine" et qui souffre d'un manque d'attractivité et d'effectifs.


"La parole, qui devrait être le premier outil de soin à l'hôpital  psychiatrique, se défait", résume "Pinel en lutte".  "On nous demande de plus en plus de paperasse, de chiffres qui n'ont pas de  sens", explique à nos confrères de l'AFP l'une de ses membres, la psychologue Isabelle Basset. 


"On veut suffisamment de personnels pour pouvoir écouter les patients et  éviter des situations dramatiques où l'on se retrouve contraints de les  enfermer, de les contentionner", ajoute Oriane Cayard, infirmière au GHU Paris psychiatrie et neurosciences.

"Les personnels ont l'impression d'être là pour donner des médicaments et  faire du gardiennage", en contradiction avec leur "vocation", analyse le professeur Antoine Pelissolo.

Manque de formation et turn-over important des équipes font également partie des griefs, comme les délais d'attente importants pour des consultations  ou le manque de places d'hébergement dans les centres médico-sociaux, qui contribuent à l'engorgement des services.


Car la diminution du nombre de lits de psychiatrie générale à l'hôpital, de 60% entre 1976 et 2016 selon l'Igas, n'a pas été entièrement compensée par  l'augmentation des moyens en ville, où les centres médico-psychologiques sont saturés, tandis que les besoins s'accroissent.


Les psychiatres, mal répartis sur le territoire, fuient l'hôpital public, où "30% des postes de Praticiens hospitaliers sont vacants", d'après le président du SPH, le Dr Marc Bétremieux.


Autre problème, le financement des établissements psychiatriques, inégal selon les régions. En outre, les budgets dédiés ne sont pas toujours  intégralement alloués aux services psychiatriques des hôpitaux généraux et universitaires, alertent 120 psychiatres dans un courrier à Agnès Buzyn.  

La feuille de route sur la santé mentale présentée par la ministre en juin  a déçu les professionnels. Comme la rallonge de 50 millions d'euros annoncée en  décembre, "une paille", selon l'USP. Loin des besoins d'une discipline "en état d'urgence républicaine", pour le SPH.


Interrogé sur ce sujet, Agnès Buzyn a annoncé qu'elle ferait un point d'étape ce jeudi et présenterait des mesures renforcées.

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