Puberté précoce : les régions Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes particulièrement touchées

Santé

ÉTUDE - La première estimation en France de la fréquence de la maladie de la puberté précoce montre des variations géographiques avec, pour les filles, certaines régions où elle est douze fois plus fréquente et, pour les garçons, six fois plus. Le sud de la France y apparaît comme particulièrement touché.

C'est une maladie particulièrement méconnue. La puberté précoce se manifeste par un stop prématuré de la croissance, les seins poussent chez les filles, les testicules qui augmentent de volume chez les garçons et l'apparition de pilosité pubienne. Les premiers signes surviennent avant 8 ans chez les filles et avant 9 ans chez les garçons. 

Une première estimation en France a été faite et présentée dans le cadre des Rencontres Santé publique France qui se déroulent à Paris jusqu'à ce soir. Les chercheurs ont recensé les cas de puberté précoce sur la base des traitements prescrits pour bloquer temporairement leur puberté, en écartant celles de causes connues (lésions du système nerveux central, origine génétique...). A noter tout de même que leur étude n'a pas permis à ce stade de savoir si cette pathologie rare était en augmentation.

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Leurs observations sont inquiétantes car "on dénombre 1.173 nouveaux cas de puberté précoce par an (d'après les données sur 3 ans, 2011-2013) chez les filles et dix fois moins chez les garçons (...) Il y a probablement un sous-diagnostic chez ces derniers", relève Joëlle Moal, médecin épidémiologiste qui a dirigé ce travail. L'incidence varie de 1 à 12 nouveaux cas pour 10.000 fillettes de moins de 9 ans en métropole, selon la chercheuse, qui relève une répartition qui n'est pas homogène.

Deux régions particulièrement touchées : Midi-Pyrénées autour de Toulouse et Rhône-Alpes autour de Lyon

"Pour les filles, nous avons identifié deux régions à forte incidence : Midi-Pyrénées autour de Toulouse et Rhône-Alpes autour de Lyon", explique-t-elle. Ce qui oriente vers des "mécanismes communs". Parmi les moins touchées, situées dans la moitié nord, figurent Lille et le Pas-de-Calais. Schématiquement pour les garçons, c'est à peu près pareil, précise la chercheuse. 

La sur-incidence géographique rapportée par l'analyse des données est "remarquable", souligne Joëlle Le Moal à Destination Santé. Pour autant, "notre étude est descriptive et ne permet pas de tirer des conclusions et de donner des explications sur les causes". 

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La chasse aux perturbateurs endocriniens est ouverte

Les causes sont encore méconnues

Pour approfondir la question, les chercheurs prévoient d'étudier certains types de cultures viticulture et arboricole, notamment - auxquelles auraient pu être exposées les familles. Les éventuelles expositions industrielles sont également à prendre en compte. 

Les perturbateurs endocriniens (pesticides, phtalates, bisphénol A...) sont soupçonnés d'être impliqués dans certains troubles comme l'obésité, le diabète et ces pubertés précoces. D'autres hypothèses sont discutées comme par exemple le rôle des rayons UV ou le surpoids. 

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