"Purple drank" : cette nouvelle drogue que les ados trouvent dans l'armoire à pharmacie

Santé
VIGILANCE – L'Agence nationale de sécurité du médicament alerte. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à se droguer en mélangeant des sirops contre la toux à la codéine avec des boissons énergisantes et de l'alcool. Un cocktail particulièrement dangereux.

C'est un cocktail artisanal, confectionné exclusivement à base d'éléments légaux. Pourtant le "purple drank" est un mélange particulièrement dangereux. Car qui dit substance addictive à risques ne fait pas forcément stupéfiants classés comme tel par les autorités.

Et cette fois c'est  l'ANSM, la très sérieuse agence de sécurité du médicament qui alerte. En effet, le "purple drank" est un mélange de sirop contre la toux contenant de la codéine et de la prométhazine avec de l'alcool et des boissons énergisantes qui fait fureur chez les jeunes mais qui n'est pas sans conséquences. Cette boisson est apparue à la fin des années 90 aux Etats-Unis et elle y constitue désormais un problème de santé publique très important.

Premiers soupçons des pharmaciens

La codéine est un opiacé indiqué chez l’enfant de plus de 12 ans et l’adulte dans le traitement de la toux ou des douleurs. La prométhazine est un antihistaminique H1 indiquée dans le traitement des allergies ou en cas d’insomnies passagères. Leurs différentes formes (pastilles, solution buvable, sirop) disponibles sans ordonnance entrent dans la confection du "purple drank".

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Ce sont les pharmaciens qui les premiers ont vu  leurs soupçons éveillés par des achats suspects. Les premiers signalements d'intoxications liées à ce mélange artisanal ont été rapportés au réseau d’addictovigilance  de l’ANSM en 2013, une nette augmentation a été constatée depuis.

Convulsions et risques de dépendance

L'ingestion d'une telle boisson représente une pratique à risques.  Les symptômes peuvent aller des troubles de la vigilance (somnolence) et du comportement (agitation, délires) jusqu'à des crises de convulsion généralisée. Les cas répertoriés jusqu'à présent auprès des professionnels de santé concernent les garçons comme les filles, majoritairement des adolescents (dès 12 ans), mais aussi de jeunes adultes.

L'ANSM recommande donc la vigilance des médecins et des pharmaciens face à des demandes de prescription abusive de ces médicaments. Enfin, rappelons la dangerosité des boissons énergisantes ajoutées à ces solutions à base de codéine et de prométhazine. En effet, il y a quelques semaines nous vous avions fait part dans nos colonnes des risques sanitaires encourus  dès deux prises par jour. Mélangées à des opiacés et de l'alcool le "purple drank" promet d'être particulièrement nocif pour l'organisme.

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