CARTE - Dans quels pays risque-t-on encore d'attraper la rage ?

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ÉPIDÉMIOLOGIE - Alors qu’un garçon de 10 ans est mort mardi à Lyon après avoir contracté le virus de la rage en raison d’une morsure de chien, mi-août, au Sri Lanka, cette maladie qui tue 59.000 personnes chaque année dans le monde se retrouve au centre de l’attention. Quels sont les pays à risque ? Éléments de réponse.

C’est une maladie qui, dans l’Hexagone tout du moins, évoque des temps anciens. Bien qu’il n’y ait plus eu de cas autochtone chez l’homme en France depuis 1924, la rage a pourtant fait récemment une nouvelle victime avec la mort mardi, à Lyon, d’un garçon de 10 ans. Ce dernier avait contracté le virus après avoir été mordu par un chien, mi-août, au Sri Lanka. Un drame qui, selon les autorités sanitaires, ne s’était pas produit depuis 2014 et qui reste particulièrement rare : depuis 1970, seuls une vingtaine de précédents ont été répertoriés. Tous concernent des personnes ayant contracté la maladie à l'étranger. 


Et c’est justement là où le bât blesse. Car si la France, comme la plupart du monde occidental, fait partie des pays où le risque d’attraper la rage est insignifiant, sinon inexistant, tous les Etats sont loin d’être dans ce cas. D’après les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus des deux tiers de la planète – quelque 150 pays et territoires – doivent ainsi faire face à cette maladie (voir la carte ci-dessous) qui fait plus de 59.000 morts chaque année.  

95% des cas mortels recensés en Afrique et en Asie

Deux continents apparaissent comme les premières victimes. "C’est en Afrique et en Asie que le fardeau de cette maladie est le plus lourd chez l’homme et l’on y recense 95% des cas mortels, dans le monde", note l’OMS, précisant que la transmission par des chiens enragés est à l’origine de 99% des cas répertoriés. "Dans les Amériques, ce sont désormais les chauves-souris qui sont à l’origine de la plupart des décès dus à la rage humaine, la transmission par les chiens ayant été presque totalement interrompue dans cette région." Les chiroptères sont d’ailleurs, toujours selon l’OMS, responsables d’un retour de la rage dans certaines régions épargnées : "La transmission par les chauves-souris devient aussi une menace émergente pour la santé publique en Australie et en Europe de l’Ouest."


De quoi inciter à la prudence, quelle que soit la zone concernée, comme le rappelle l’Institut Pasteur : "Des précautions sont à prendre vis-à-vis des animaux sauvages et domestiques pour les voyageurs en zone d’endémie : Asie, Afrique essentiellement et dans une moindre mesure en Europe Centrale, Moyen-Orient, Amérique du Sud…" Preuve de l’aspect planétaire du phénomène, l’OMS a lancé en 2015 le programme "Tous unis contre la rage" visant à éradiquer le virus d’ici 2030. Peut-être, alors, que la maladie n’évoquera plus que des temps anciens.

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